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À une écrasante majorité, les députés ont approuvé l’inscription de la stabilité budgétaire dans la Constitution.
Le Parti socialiste (PSOE), au pouvoir, et le principal parti d’opposition de droite, le Parti populaire (PP), font désormais cause commune face à la crise qui, depuis l’éclatement de la bulle immobilière, a entraîné un taux de chômage record de 20,89 %. Hier, les députés espagnols ont approuvé, par 316 voix contre 5, l’inscription dans la Constitution d’une « règle d’or » de stabilité budgétaire. Le texte sera transmis aux sénateurs la semaine prochaine en procédure d’urgence. Il doit, en effet, être approuvé par les trois cinquièmes des voix des deux chambres, ce qui ne fait aucun doute. Et l’Espagne sera le premier pays à répondre à l’appel lancé le 16 août par la France et l’Allemagne, qui ont souhaité que les dix-sept pays de l’eurogroupe adoptent avant l’été 2012 la « règle d’or » visant à l’équilibre budgétaire.
Selon la Commission européenne il s’agit d’une « démarche positive ». Quant à la chancelière allemande, Angela Merkel, elle a félicité son homologue espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, qualifiant sa démarche d’« importante pour la crédibilité et l’engagement de l’Espagne ».
Concrètement, d’ici à 2020, le déficit public ne devra pas dépasser 0,4 % du PIB. Ce qui implique un durcissement de la cure d’austérité, condamné par les syndicats.
Les deux principales centrales, la CCOO et l’UGT, ont déjà appelé à une « grande manifestation » le 6 septembre à Madrid.
Jeudi, dans le centre de Madrid, plusieurs milliers d’« indignés » avaient dénoncé « la dictature des marchés ». En 2009, le gouvernement, qui avait pourtant juré de ne jamais toucher aux acquis sociaux, avait repoussé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans et réduit une partie des aides sociales. L’an dernier, il avait approuvé une autre série de mesures destinées à économiser 15 milliards d’euros. Parmi celles-ci une baisse des salaires des fonctionnaires de 5 % et le gel des retraites. Bientôt la rigueur sera coulée dans le bronze de la Constitution.
Les régions au bord du gouffre
La Castille-La Manche, dans le centre du pays, affiche un déficit de 4,9 % du PIB. D’où le programme d’économies « exceptionnel » annoncé mercredi dernier pour le réduire. Celui de l’Estrémadure, à l’est, devrait atteindre 6,81 % à la fin de l’année. Quant à la Catalogne, au nord-ouest, elle devrait limiter le sien à 2,66 % en 2011. Des niveaux bien loin du plafond fixé par le gouvernement central socialiste : 1,3 % du PIB, et qui pourraient compromettre son engagement d’un déficit global à 3 % en 2013. Fin juillet, ils étaient d’ailleurs à l’origine de la menace de l’agence de notation Moody’s d’abaisser de nouveau la note souveraine de l’Espagne. Devant « la détérioration de leur situation budgétaire et de leur dette », l’agence avait baissé les notes de six régions : la Catalogne, la Castille-La Manche, la communauté autonome de Murcie, la région de Valence, l’Andalousie et la Castille-Leon.
Aujourd’hui, la gestion dispendieuse des régions, héritée des années de bulle immobilière et favorisée par leur grande autonomie, est critiquée tant à droite qu’à gauche. Un exemple : la Castille-La Manche, dont la dette atteignait fin juin 7,5 milliards d’euros, avec des factures impayées 2,6 milliards… alors que la région ne détenait, en liquidités, que de 36 millions. Elle dispose de 2.500 véhicules officiels et d’un bureau de représentation à Bruxelles. Economies oblige, ce dernier sera fermé, une partie des véhicules seront vendus, tandis que 19 entreprises et fondations publiques fermeront. L’objectif : une baisse de son budget de 20 % en 2012, risque cependant de détruire 15.000 emplois.