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Sortir de l'Euro
Pour l'économiste Jean-Jacques
Rosa, spécialiste de théorie financière et professeur émérite à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Sciences-Po) la crise de la zone euro était prévisible et d'ailleurs prévue. Et la seule solution pour beaucoup de ses membres serait d'en sortir...
TF1 News : Est-il possible pour un pays de quitter l'euro?
Jean-Jacques Rosa, spécialiste de théorie financière : Bien sûr. Il n'y a pas de droit en la matière et rien n'a été prévu à la création de l'euro. Mais le choix d'une monnaie est encore celui du gouvernement national légitime. Si un pays a choisi de rejoindre une alliance monétaire, il peut aussi la quitter, par exemple s'il risque la faillite ou une grave dépression.
TF1 News : La France devrait donc quitter l'euro?
J.-J. R. : Oui, car la France doit se poser la question de ses propres intérêts dans l'euro. Il peut être intéressant de partager une monnaie avec des pays aux économies semblables car la bonne gestion de la monnaie est alors la même pour tous les partenaires. En cas de récession ou de dépression, une politique monétaire plus expansive est souhaitable. Au contraire, en cas de surchauffe, l'instrument monétaire sert à freiner l'activité. Dans des pays aux conjonctures divergentes, cela devient impossible car la politique qui convient à l'un ne peut pas convenir à l'autre.
TF1 News : Que serait l'avantage d'un retour au franc?
J.-J. R. : L'euro est très surévalué par rapport aux autres monnaies du monde, et d'environ 35% par rapport au dollar. Cela pénalise nos exportations et cela accroit nos importations. C'est donc très préjudiciable aux industries implantées en France. Un franc recréé rétablirait donc notre compétitivité. Sachant que le commerce extérieur représente un tiers de la production en France, son bon équilibre est très important.
TF1 News : Quel impact sur la dette?
J.-J. R. : C'est la grande question. Les partisans de l'euro disent que c'est ce qui rend une sortie de l'euro impossible car nos dettes étant libellées en euro, une dévaluation du franc les renchérirait d'autant. Ma réponse c'est qu'il faudrait d'abord déprécier l'euro à parité avec le dollar et en sortir après. C'est une décision qui ne dépend pas de nous seuls. Mais à part l'Allemagne, tous les autres pays y auraient intérêt. Nous pourrions donc trouver des alliés. Et ils pourraient d'ailleurs sortir de l'euro avec nous!
TF1 News : Quel impact cela aurait-il sur le pouvoir d'achat des Français?
J.-J. R. : Certains produits fabriqués à l'étranger seront plus chers. Mais les produits fabriqués ici trouveront de nouveaux débouchés, en France et à l'étranger. Nos industriels se plaignent justement de la concurrence des importations à trop bon marché. Ils n'ont pas tort. Une monnaie moins chère fournirait beaucoup d'emploi nouveau grâce à l'augmentation des exportations, des investissements, de la croissance, et donc des revenus. C'est ce qui crée le niveau de vie.
TF1 News : La sortie de la France, serait-ce la fin de l'euro?
J.-J. R. : L'euro pourrait survivre sans nous. Mais il devrait se resserrer sur des pays qui ont les mêmes intérêts. C'est vrai par exemple pour ce qu'on appelle la "zone mark" : Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande. Ce sont des pays en phase. L'ex-président du patronat allemand, Hans-Olaf Henkel, plaide pour cette solution et veut que l'Allemagne elle-même quitte l'euro.
TF1 News : Concrètement, combien de temps prendrait une sortie de l'euro? N'est-ce pas un long processus de frapper pièces et billets?
J.-J. R. : S'agissant du temps nécessaire pour changer de système monétaire, je cite toujours la réponse que m'avait faite Vaclav Klaus, qui a organisé la séparation des Républiques tchèques et slovaques : "Une semaine !". Il ne faut perdre de vue que la Banque de France existe toujours, comme notre système financier public, et que l'essentiel de la monnaie, ce sont des écritures dans les banques. S'agissant des pièces et des billets, il y a des solutions transitoires, comme un système de poinçonnage des billets pour "transformer" les euros en francs. Et pour simplifier la transition, la valeur initiale du nouveau franc serait fixée à un euro.
La seul différance entre tes économistes et ceux auquel je me refaire, c est que les tiens sont dans le camp des incompétents qui n ont rien vu venir et qui veulent continuer dans une direction européenne fédéraliste forcenés contre l avis des peuples (même l Allemagne pourtant la moins toucher)prêt a nous sacrifier pour cette utopie dont l échéance sera l échec et l abandon de l euros.
Amicalement.