"Paul-Éric Blanrue, Robert Faurisson, le révisionnisme… et la loi." Par Saïd Derouiche.
L’historien Paul-Éric Blanrue avait promis de frapper fort pour la rentrée. Avec un documentaire mettant en scène Robert Faurisson, on peut dire qu’il a touché le plus haut degré de la subversion ! Le sujet du révisionnisme n’est pas ce qui met le plus à l’aise. Combien de ceux qui se disent « dissident » sont terrifiés à l’idée même qu’on puisse les approcher pour les sonder sur le sujet ? A la décharge des « moins téméraires », il y a une chape de plomb ancrée dans l’inconscient collectif et qui empêche de parler de celui qui est présenté comme le diable en personne. Robert Faurisson : un homme, c’est le titre du documentaire.
Un sujet casse-gueule
Eh oui, il n’est pas évident de parler de révisionnisme. Dire que le sujet ne passionne pas est sans doute le meilleur moyen de ne pas se positionner. Personnellement, le sujet ne me passionne pas plus que ça… mais j’ai quand même envie de me positionner. Et ma position est claire et limpide : dans une démocratie, au sein d’une civilisation présumée intellectuellement avancée (héritage des Lumières), comment est-il possible de concevoir qu’il existe encore des lois qui empêchent de faire des recherches sur certains sujets au nom de ce qui ressemble à un dogme d’état ?
Pire encore : comment peut-on accepter de défendre une idée (ou un concept) en étant aidé par une loi qui bâillonne ses contradicteurs ? Cette loi (Gayssot-Fabius) est une insulte à l’intelligence de tous ceux qui se présentent comme intellectuels ! En partant du postulat que les thèses négationnistes sont absurdes (ce qui est au fond possible), pourquoi ne pas permettre à ces présumés loufoques de se ridiculiser en public ? Qu’on puisse en finir une fois pour toute. Pourquoi les intimider avec une loi ? Certains pourraient même aller jusqu’à croire que ce sont ces présumés loufoques (et ce qu’ils présentent comme arguments) qui intimident les défenseurs du dogme d’état. Comment peut-on être pour la liberté d’expression et subir le fardeau de cette loi ?
Paul-Éric Blanrue a jeté un véritable pavé dans la marre avec ce documentaire.
Robert Faurisson, le diable ?
C’est un peu ridicule de présenter quelqu’un comme le diable en personne alors qu’il suffit de visionner ce documentaire pour voir que « Un homme » est le meilleur titre qu’on pouvait donner à ce documentaire. Robert Faurisson reconnait évidemment les atrocités qui ont été faites au peuple juif, et Paul-Éric Blanrue n’est pas loufoque au point de consacrer du temps à quelqu’un qui renierait que les juifs ont souffert du nazisme – y a-t-il des gens sérieux qui remettent en cause cela !? Si ce documentaire peut permettre de faire remarquer les atrocités que cet homme à subi dans sa vie, ceux qui se revendiquent humanistes pourront comprendre que le dogme d’état peut parfois être brutal.