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L’euro vient sans doute de vivre la plus grave crise depuis sa création. Après un ultime tête-à-tête entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, l’accord accouché hier dans la douleur sur le plan d’aide à la Grèce ne suffira pas, en effet, à effacer le souvenir de ces jours qui ont ébranlé la monnaie unique, tombée hier à son plus bas niveau depuis dix mois. <btn_noimpr> </btn_noimpr>
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Certes, la Grèce, engluée dans ses déficits et une dette vertigineuse, pourra compter sur le soutien financier de ses voisins. Mais il s’accompagnera, à la demande de Berlin, de prêts du Fonds monétaire international. Or, les seize pays de la zone euro avaient rejeté cette solution.
Appeler au secours le FMI, plus habitué à jouer les pompiers dans les pays du tiers-monde, envoie un « signe de faiblesse de nos institutions », a jugé la Banque centrale européenne. Il montre que « l’Europe n’est pas capable de défendre seule sa propre monnaie », a affirmé le ministre de la Relance économique, Patrick Devedjian.
Bien sûr, les apparences sont sauves. Le plan de sauvetage de la Grèce est « essentiellement européen ». De quoi freiner la dégringolade de l’euro. Le mal est désormais plus profond. « La crise a ouvert la boîte de Pandore », confirme un expert européen. Berlin n’a pas renoncé à sanctionner, voire à exclure de la zone euro, les pays dont les comptes dérapent. Il faudrait pour cela modifier les traités européens. Difficile à imaginer, mais le débat est lancé.
Que se passera-t-il alors si le Portugal, l’Espagne, d’autres encore, se retrouvaient comme la Grèce en état de quasi-faillite ? Le « tsunami » serait tel que l’Union monétaire serait forcément mise à mal. La menace serait de voir alors des pays poussés cette fois hors de la zone euro.