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Photo: AFP/Peter Parks Deux hélicoptères Chinook de l'armée américaine à l'aérodrome de Kandahar, en mars 2011. |
Un échange de coups de feu impliquant des soldats pakistanais et un hélicoptère de l'OTAN stationné en Afghanistan a eu lieu mardi le long de la frontière entre les deux pays.
Deux soldats pakistanais qui se trouvaient dans le Waziristan du Nord, au Pakistan, ont été blessés.
L'affrontement, qui a été vivement dénoncé par l'armée pakistanaise, risque d'entraîner une nouvelle dégradation des relations entre Islamabad et Washington, déjà tendues depuis le raid des Navy Seals qui s'est soldé par la mort d'Oussama ben Laden.
L'affaire fait l'objet d'informations contradictoires. L'armée pakistanaise assure que l'hélicoptère a franchi la frontière et a pénétré sur son territoire. Les premiers témoignages recueillis auprès de l'OTAN soutiennent plutôt qu'il n'en est rien.
« Deux hélicoptères ont violé l'espace aérien pakistanais (...) et nos troupes à un poste militaire ont ouvert le feu sur eux. Dans un échange de tirs, deux de nos soldats ont été blessés », a soutenu l'armée pakistanaise dans un communiqué.
« L'armée pakistanaise a vigoureusement protesté » auprès de la force de l'OTAN en Afghanistan (FIAS), conclut le texte.
À Kaboul, le lieutenant-colonel John L. Dorrian, du département des relations publiques de la FIAS a admis que l'OTAN « a entendu parler d'un incident possible » et qu'elle fait des « recherches » à ce sujet.
Un responsable militaire occidental à Kaboul, qui a accepté de parler à l'AFP sous couvert de l'anonymat, affirme pour sa part que les deux appareils de l'OTAN qui opéraient du côté afghan avaient riposté à des tirs en provenance du Pakistan.
« Deux hélicoptères volaient dans la zone en couverture d'une base avancée » des forces internationales « qui était prise sous le feu de tirs provenant du côté pakistanais », a fait valoir cette source.
« L'un des appareils a essuyé aussi des tirs en provenance de l'autre côté de la frontière, mais n'a pas riposté dans l'immédiat. Il l'a fait quand il a été de nouveau la cible de tirs », a-t-il ajouté.
L'accrochage a eu lieu quelques heures après qu'Islamabad et Washington eurent déclaré leur volonté de « rétablir la confiance » entre eux, au terme d'une visite en sol pakistanais du sénateur démocrate John Kerry.
L'opération qui a permis de tuer d'Oussama ben Laden a soulevé un tollé au Pakistan, parce que les Américains n'ont pas prévenu le Pakistan avant de la mettre en oeuvre. Les Pakistanais ont dénoncé une violation de leur souveraineté territoriale.