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La police Marseillaise est confrontée à une forte augmentation d’homicides qui apparaissent comme des règlements de compte avec pour toile de fond, le trafic de stupéfiants. Cette évolution qui semble surprendre les commentateurs correspond pourtant à une logique et le manque d’anticipation concernant ce phénomène démontre bien les carences stratégiques. En effet depuis très loin dans l’histoire cette ville est connue pour sa délinquance et son corollaire, la violence. En revanche ce qui a changé ces dernières années c’est la structuration de la criminalité. L’organisation criminelle est aujourd’hui toute autre, plus de parrain chef d’un réseau très hiérarchisé tout simplement parce que les forces de sécurité ont appris à lutter contre ces réseaux or dans ce type d’organisation il suffit de tirer un fil pour démanteler l’ensemble. Il existe donc toujours une organisation mais elle est faite de petites structures distinctes, spécialisées et indépendantes les unes des autres. Pour le trafic de stupéfiant qui est, je le rappelle l’activité criminelle la plus lucrative pour un risque minimum, les grossistes approvisionnent une myriade de petits commerces dont ils n’ont aucunement besoin d’assurer la pérennité car si le réseau de quartier tombe, le lendemain un autre micro réseau prendra la place vacante. Pour l’anecdote il faut signaler que dans certains cas des points de « deals » ont carrément été vendus dans le principe de la vente d’un commerce classique sans toutefois que le notaire ait été consulté. Ainsi la guerre des réseaux pour tenir les points de vente ne se réalise plus entre deux mafias qui cherchent à obtenir le monopole sur une ville mais entre des dizaines de micro réseaux qui cherchent à exister sur une zone et le cas échéant à s’étendre. C’est donc non plus deux chefs mafieux qui s’affrontent mais des milliers de revendeurs sans que précisément le grossiste ne soit inquiété.
On peut par ailleurs, s’interroger sur l’augmentation de ces rivalités ces dernières années ? Plusieurs paramètres interviennent. Ce que l’on constate c’est que les aspirants au trafic sont toujours aussi nombreux en raison de l’aspect lucratif mais dans le même temps en revanche on perçoit que le marché pourrait avoir atteint sa limite. En effet, lorsque l’on observe le chiffre des saisies en matière de cannabis, qui reste le produit phare du trafic, on se rend compte qu’il stagne. Si les saisies baissent ou stagnent, ce n’est pas parce que la force de sécurité est moins performante c’est plus simplement parce que les flux du trafic sont moindres. En effet, le chiffre global des saisies doit être rapporté en pourcentage de l’ensemble du trafic et non en indice d’efficacité des services. On peut donc raisonnablement penser que sur ce marché prohibé à Marseille, la limite a été atteinte dans une offre de produit supérieure à la demande. Un marché saturé crée évidemment des tensions "commerciales" or, dans le cas présent, celles-ci ne se règlent pas au tribunal de commerce.
Il y a quelques années, j’avais remarqué que la guerre qui faisait le plus de victimes était non l’un des théâtres d’opérations connus tel que l’Afghanistan mais c’était la guerre du narco-trafic dont le Mexique reste le pays qui paie le plus lourd tribut, environ 10.000 morts par an ! J’avais en cette occasion prétendu que les mêmes causes produisant les mêmes effets il était important d’observer de près la situation dans notre pays………
Gilles SUPERSAC