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Strontium 90, un élément chimique qui se fixe sur les os des enfants
Les incendies en Russie pourraient provoquer, comme en 2002 lors des feux gigantesques connus par le pays, une élévation de la radioactivité de l’air en France. En cause : les terres encore contaminées du site nucléaire de Tchernobyl touché par une explosion en 1986, qui peuvent relâcher dans l’air leurs particules polluantes de césium 137 radioactif à cause de la combustion des bois. <btn_noimpr> </btn_noimpr>
Le césium 137 en cause. « Si l’incendie touchait les zones les plus contaminées de Tchernobyl, du césium 137 sera forcément remis dans l’air et si les vents sont défavorables on aura une bouffée de césium qui nous parviendra comme en 2002 où on a eu deux vagues contaminantes », explique Philippe Renaud, chef du laboratoire d’expertise de la radioactivité environnementale de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Le césium 137 est le principal élément dispersé en Europe lors de l’incident de Tchernobyl. Stocké dans le bois des arbres, il se libère dans les fumées en cas de combustion.
Une radioactivité cinq fois plus forte. « En 2002, on est monté à 1,5 microbecquerel (µBq)/m3 d’air alors que la radioactivité normale de l’air en France est entre 0,3 et 0,4 µBq/m3 soit 5 fois plus, poursuit l’expert. On pourrait même arriver ici à des niveaux supérieurs à 2002 si le feu se rapprochait des zones irradiées. » Selon lui : ça n’est qu’à partir de 1000 µBq/m3 que la situation mérite attention. Lors de Tchernobyl, on a atteint en France 10 Bq/m3. « On pourrait être exposé à 1000 fois plus de radioactivité qu’en 2002 », estime pour sa part Roland Desbordes, président de la Criirad, commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité.
Le risque pour la santé. « A ces niveaux-là de radioactivité, le risque sanitaire est minime, poursuit l’expert de la Criirad. La différence d’avec 2002 est que les iodes et les gaz radioactifs qui se sont échappés à l’époque ont disparu, les conséquences sont moindres car ce sont les iodes qui sont responsables des pathologies thyroïdiennes. Il peut rester néanmoins du strontium 90, un élément chimique qui se fixe sur les os des enfants. » L’Observatoire du nucléaire juge que la contamination peut entraîner un fort risque de cancer.