"Personne ne vous force la main pour entrer en scientologie". Combien se sont laissés séduire par les méthodes de Lafayette Ron Hubbard ? Pour certaines victimes qui s’en sortent, c’est un véritable cancer. D’autres soulignent
Combien d’individus ont été détruits, combien se sont suicidés, ont été ruinés ? Combien de familles disloquées ?
Scientologie, la vérité d’un mensonge, le remarquable documentaire de de Jean-Charles Deniau que diffuse France 2 ce soir, détaille minutieusement les mécanismes insidieux de cette diabolique et tentaculaire machine à travers le parcours d’individus comme vous et moi.
Scientologie, la vérité d’un mensonge est une véritable enquête qui nous plonge au coeur d’un système bien huilé. Celui de l’église de scientologie, une secte fondée en 1950 par L. Ron Hubbard, faux héros de la seconde guerre mondiale, faux explorateur, était un véritable écrivain de science-fiction à succès. Il est surtout renommé pour avoir fondé une pseudo-philosophie ou religion, en vérité un fourre-tout syncrétique : la dianétique.
Il est mort en et enterré dans un mausolée visible des extras-terrestres, en plein désert du Nouveau Mexique, au milieu de ses oeuvres scellées dans des coffres en titane.
Ron Hubbard, est-il indiqué ironiquement à la fin de ce film, attend sa nouvelle enveloppe corporelle pour revenir sur terre. Aujourd’hui c’est un certain David Miscavige qui préside aux destinées de l’église de scientologie aux Etats-Unis.
En France le responsable se nomme Alain Rosenberg. Chez nous, contrairement aux Etats-Unis, au Danemark (où se trouve le siège européen de cette église), en Grande-Bretagne, la scientologie est considérée comme une secte et non comme une religion.
Le film de JC Deniau s’ouvre sur le procès de la scientologie qui a eu lieu le 27 octobre 2009 et dont le verdict est attendu à la fin du mois d’octobre 2010. En France cette secte n’est pas interdite. Elle a failli être dissoute, mais pour l’instant, elle a encore de
beaux jours devant elle.
Ce documentaire illustre par des cas concrets comment la scientologie arrive à manipuler des individus. A une exception près les anciennes victimes de la secte acceptent de témoigner à visage découvert.
Elles sont toutes en procès avec le mouvement initié par Ron Hubbard. Ces témoignages sont éclairés de façon théorique par des experts (spécialistes de sectes, avocats, médecin, pharmacologue, psychiatre et même un ancien cadre de la scientologie "repenti").
Des images d’archives montrant Ron Hubbard alternent avec des films de propagande de la scientologie et par les séquences où les témoins s’expriment. L’un d’eux, Didier, tient même son journal de son entrée (et de sortie) dans la secte. On suit peu à peu son parcours jusqu’à la libération. Sans doute, doit-il sa liberté retrouvée au fait qu’il rencontre régulièrement le réalisateur du documentaire, ce qui lui offre une ouverture sur l’extérieur. Car la scientologie vit en circuit fermé.
On y entre de son plein gré. On y reste car, tout le monde le reconnaît, cela apporte des améliorations dans la vie quotidienne. Mais Ron Hubbard n’a rien inventé. Ce que la dianétique améliore, une bonne séance chez un psychiatre l’améliore tout autant. Pour moins cher.
Car l’argent est le nerf de la guerre. Les adeptes de la scientologie agissent comme des dealers. Ils vous fournissent gracieusement votre première dose pour mieux créer l’accoutumance. Après, ils vous brisent, vous font comprendre que sans leur pseudo-science, vous ne vous en sortirez jamais. En sortir ? Mais d’où ? De quoi ? De troubles, bien évidemment, inventés de toute pièce par la secte.
Un psychiatre résume l’esprit de la scientologie : "nous allons te permettre d’être toi-même. Tu ne seras plus aliéné, dépendant des discours que te tenaient ta maman, tes amis". On sépare l’individu du cercle familial, de la société, de ses amis.
On reforme autour de lui un cocon sécurisant. Un nouveau foyer. "Il y a un renversement projectif qui fait rentrer dans un système paranoïaque où il y a les bons et les méchants et, évidemment, le bourreau devient le sauveur et le système délirant est donné comme la norme".
Au fur et à mesure, on subit des tests, on gravit des paliers, on doit se "purifier" à l’aide de vitamines que l’on commande à une filiale de la scientologie. Des médicaments non autorisés sur le territoire français, qui peuvent être dangereux et... qui coûtent très chers. Et puis l’on doit acheter des livres, suivre des cours. Certains témoins qui participent au documentaire devaient, environ, de 22 000 à plus d’un million d’euros. C’est pourquoi ils sont en procès contre l’église.
Si ce documentaire aborde ce qui fait l’ordinaire des malheureuses proies qui tombent dans les filets de cette organisation aliénante et quasi-militaire, elle ne répond pas à la question essentielle : dans quel but a-t-elle donc besoin de recruter.
Pour l’argent, certes. Mais que devient cet argent ? A quoi sert-il ? A qui sert-il ? Que finance-t-il ? Quel projet ?