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Michel Rocard, à Paris, le 26/04/2010. | MAXPPP
Dans Le Monde de ce mardi, l'ancien Premier ministre de François Mitterrand et l'économiste Pierre Larrouturou posent la question suivante : "Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?"
Les deux hommes remarquent que suite à la crise de 2008, la Réserve fédérale américaine a prêté aux banques en difficulté 1200 milliards à un taux de 0,01%, et tout cela dans le plus grand secret, alors que dans la même période "dans de nombreux pays , les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par le gouvernement auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6,7 ou 9%".
Ils constatent que les banques privées qui se financent à un taux de 1% auprès des banques centrales lorsque tout va bien, bénéficient de taux de 0,01% en temps de crise, alors que pendant la même période certains Etats sont obligés de payer des taux 600 à 800 fois plus élevés.
On peut légitimement penser en lisant cela que nos politiques ont définitivement perdu le pouvoir face au monde de l'argent , quelque soit leur discours et leur agitation.
Michel Rocard et Pierre Larrouturou proposent de financer la vieille dette à des taux proches de 0%.
Pour cela il suffit de demander à la Banque centrale européenne, qui si elle n'est pas autorisée à prêter aux Etats membres peut très bien prêter sans limite aux organismes publics de crédit, comme la Banque européenne d'investissement ou la Caisse des dépôts, qui peuvent ensuite prêter à moindre coût aux Etats .
Ils prennent l'exemple de l'Italie qui possède un excédent primaire, pour démontrer que ce pays serait à l'équilibre s'il ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés à cause justement du remboursement de ses dettes anciennes.
On voit bien que le monde de l'argent qui refuse de payer la note d'une crise dont il est le principal responsable a décidé de faire payer les Etats.
Et comme ces Etats sont dirigés par des politiques qui ne peuvent s'en prendre à la finance pour des raisons qui nous échappent plus ou moins, on sait très bien qui va payer l'addition totale.
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