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Vieux fantasme américain des années 1980, le bouclier anti-missiles revient dans l’actualité, cette fois sous étiquette « Otan ». Et devinez quel pays, en Europe, s’est dit prêt à contribuer à la création de cette merveille. Allons, cherchez bien…
Qui se prépare donc à nous planter sournoisement quelques missiles dans le dos ? Le communiqué de la Présidence est plutôt sibyllin, évoquant « l'évolution de la menace balistique que font peser certains programmes au Moyen-Orient »*. Il n’y pas besoin d’être un grand stratège pour savoir que se trouve effectivement dans cette zone l’État qui, au monde, consacre la plus grand part de son PIB aux dépenses militaires (près de 8 %) et dispose même dans la région du monopole de l’arme nucléaire. C’est vrai aussi qu’un quart des enfants y est scolarisé dans des écoles ultra-orthodoxes… mais de là à imaginer qu’Israël nous foute un jour sur la gueule... Non, vous n’y êtes pas… Pour notre gouvernement, au Moyen-Orient, le danger serait plutôt l’Iran. Pourtant, la Perse n’est pas la porte à côté et, c’est acquis, les barbus ne disposent d’aucun missile stratégique de portée intercontinentale. Oui, mais à l’ombre des minarets, l’Iran préparerait un missile pouvant d’un trait toucher/couler l’Opéra Bastille dans son petit filet. Bien sûr, il y a les inévitables Munichois qui, avec les autorités russes, préfèrent « une appréciation objective des défis balistiques réels et non fantasmés »**. Mais voulons-nous vraiment rester les bras croisés ? Ne faut-il pas, comme les Américains l’ont fait en Irak, devancer tous ces États voyous qui préparent l’apocalypse ? Cela mérite bien quelques coupes dans nos dépenses sociales.
Monpaziou
* Communiqué de la présidence de la République française du 15 octobre 2010.
** 10/03/2010 RIA Novosti.