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Les déboires du groupe automobile sont le résultat d’un contexte difficile et de choix stratégiques.
Le plan social tant redouté aura donc bien lieu. La direction du groupe automobile PSA a annoncé jeudi la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois en 2014 et la suppression de 8.000 postes. "L'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe rendent désormais indispensable ce projet de réorganisation", a déclaré le PDG du groupe, Philippe Varin. Mais comment expliquer de tels déboires ?
Les ventes de voitures sont en baisse pour tous les constructeurs mais Peugeot et Citroën souffrent particulièrement : leurs ventes se sont effondrées de 13% au cours des six premiers mois de l’année, alors que Renault n’a enregistré un recul que de 3,3%.
Les chiffres de ventes des années 2012 et 2011 ne sont en effet qu’un trompe-l’œil : les ventes ont alors été boostées par la prime à la casse et le bonus écologique. PSA souffre d’avantage que ses concurrents car la zone géographique où il est le mieux implanté, l’Europe du Sud, est en récession : l’Italie et l’Espagne, aux avant-postes de la crise de la dette, sont ses premiers débouchés.
De manière générale, Peugeot et Citroën sont trop centrés sur l’Europe, une zone où les foyers sont déjà équipés et la croissance atone. A l’inverse, le groupe n’est pas assez présent sur les marchés en plein essor, Chine et Brésil en tête. "Arrivé en Chine dès les années 1980, il y est encore un nain, avec une part de marché de 3,4%", rappelle ainsi Le Figaro daté du 12 juillet.
"Je pense que le groupe PSA a certainement raté le virage de l’internationalisation. En tout cas, il ne l’a pas pris assez tôt si on compare avec Renault et par rapport aux concurrents qui sont mondiaux", résume, pour Europe 1, Laurent Meillaud, consultant et spécialiste de l'industrie automobile.
PSA a renoncé à un marché où il est pourtant très bien implanté : l’Iran, où il détient 30% du marché. "Comment expliquer que Peugeot a fait une croix sur son premier marché à l’international ? Pour des raisons politiques il a fait un embargo sur l’Iran et il s’assoit sur une vente de 450.000 véhicules à l’année", a ainsi fustigé sur Europe 1 Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du site d’Aulnay-sous-Bois.
"Depuis février, l'envoi vers l'Iran de kits d'assemblage a été gelé ", a confirmé en mars PSA, qui justifie cette décision par le renforcement des sanctions européennes et américaines à l’encontre de l’Iran, qui "ne nous permettent plus de garantir le financement de nos activités sur place". Les négociations en cours pour s’allier avec l’américain General Motors ont aussi probablement pesé dans la balance.