Information alternative
Pierre Hillard et Julien Teil interdits de conférence
Posted By Frédéric Courvoisier On 8 février 2010
C’est par une mode nouvelle, mais déjà largement rependue, que toutes sortes d’individus, ou groupe d’individus, prétendument antifascistes voudraient disqualifier les auteurs des analyses les plus percutantes sur le mondialisme en les accusant d’être liés à des groupuscules d’extrême droite*. Pierre Hillard et Julien Teil en ont fait les frais à la fin du mois dernier en se voyant interdire une conférence à Toulouse. Les deux auteurs nous ont fait parvenir le texte que nous publions sur cette page.
Frédéric Courvoisier, Mecanopolis [1]
Quel est l’idéal de la chapelle ?
La chapelle [3] est un lieu autogéré et indépendant de Toulouse. Ce dernier accueille régulièrement des évènements culturels, artistiques et associatifs. Depuis Septembre 2009, une conférence de Pierre Hillard et Julien Teil était prévue fin Janvier dans ce lieu. Mais il faut croire que la liberté d’expression, principe que l’association prétend défendre, admet des limites subjectives que l’association s’est donné le droit de définir. Ce texte a pour but d’exposer les faits aux yeux de tous, et d’informer les personnes qui souhaitaient venir des raisons de l’annulation de cette soirée.
Le nationalisme, un éternel instrument.
L’atelier idéal m’a fait savoir quelques jours avant la date prévue, qu’ils ne souhaitaient plus organiser la soirée en date du 30 Janvier. Ils m’ont précisément indiqué les raisons qui les ont poussé à prendre cette décision, et j’en prends note. Je reconnais que je n’ai peut être pas été assez prudent dans mon entreprise, et qu’il aurait été plus bénéfique d’anticiper la réaction des mouvements antifascistes d’extrême gauche. Je regrette leur réaction, qui est sans doute animée de bonnes intentions, mais dont l’analyse révèle une profonde méconnaissance de Pierre Hillard. Le plus décourageant dans ce genre de situation symptomatique est d’avoir à se justifier, à « montrer patte blanche ». C’est malheureusement le cas pour beaucoup de personnes dont Dieudonné, Thierry Meyssan ou encore Jean Bricmont, et même Ronny Brauman. Je ne pensais pas que Pierre Hillard faisait partie de cette liste..
Pourtant, cette association m’a fait savoir que ce dernier était trop « connoté », et il est évident que cette connotation était celle de l’extrême droite. Pourtant, rien dans les propos de Mr Hillard n’indique que ce dernier serait d’extrême droite sinon l’interprétation d’une phrase qu’ils auraient relevée dans une de ses conférences, et qui pose problème:
Je reconnais que la formule « je suis catholique et nationaliste » peut poser des questions, mais je pense que ces réponses appartiennent à l’intéressé, en l’occurrence à Pierre Hillard qui a répondu de nombreuses fois quant aux amalgames dont il était la victime. Je lui ai moi-même posé la question, à laquelle il a répondu « Je rejette catégoriquement les idées de racisme et d’antisémitisme. Comme on dit, ce n’est pas ma tasse de thé. » Par ailleurs, cette assertion à propos de Pierre Hillard est peu glorieuse: l’origine en étant Nicolas Dupont Aignan, qui n’ayant pas trouvé mieux pour répondre à une question d’un journaliste quant à sa présence au sein de la fondation franco américaine, accusa l’auteur de l’information (Hillard) d’être un « extrémiste de droite ». Mais le problème serait selon eux que Pierre soit nationaliste et que la chapelle, qui ne l’était pas il y a quelques jours, est désormais anti-nationaliste. J’ai le sentiment qu’ils utilisent des mots dont ils ne maîtrisent pas réellement le sens, et qu’il s’agit surtout de se protéger d’une manière malhabile. Je regrette cette fâcheuse tendance avec laquelle ils remanient leurs propos suite à une rumeur. Mais je les prends au mot, en leur proposant d’ajouter à leur charte qu’ils sont antinationalistes. (Puisque c’est ainsi qu’ils se définissent) .Il serait peut-être bon de leur rappeler que le nationalisme était l’apanage de la gauche au XIXè siècle pour ensuite passer à droite suite à l’affaire Dreyfus. Le contraire du nationalisme, est l’internationalisme que l’on trouve dans certains milieux altermondialistes mais aussi chez les libéraux à la sauce Rockefeller. David Rockefeller à publié ses Mémoires (Editions de Fallois). Au chapitre 27, il n’a pas hésité à mettre comme titre « Internationaliste et fier de l’être ».
A l’inverse, pour le GMF (German Marshall Fund, une officine des services secrets américains travaillant en liaison avec des sociétés puissantes et des banques), et qui utilise un langage très aiguisé, les mouvements contestataires de la mondialisation en France (ATTAC, AITEC, etc.) sont nationalistes. Cela pose évidemment un problème au GMF qui lui, fait la promotion de la mondialisation, mais ce dernier sait parfaitement comment en tirer profit. Il faut donc croire, d’après les propos du GMF, que ces associations pourraient être attaqué sur ce plan. Pourtant, ces organisations avaient elles-mêmes participé à cette veille de l’opinion anti-mondialisation en France, de par leur présence au débat financé par le GMF et organisé par l’IFRI. Je pense que ces organisations contestataires ne sont pas dupes, et que leur présence au sein d’un tel évènement ne constitue pas une marque de soutien aux services secrets américains. De la même manière, ce n’est pas parce que ces organisations peuvent, au regard de certains critères, être qualifiées de nationalistes, qu’elles sont pour autant d’extrême droite. Mais, contester la privatisation et exiger la nationalisation des services et des biens publics, ce que prônent évidemment beaucoup d’organisations altermondialistes, est une revendication qui peut être qualifiée de nationaliste.
Seulement, certaines organisations contestataires d’extrême gauche n’ont plus le courage (car c’était le cas à une époque), de parler de nationalisme et de souveraineté. Ils font de ces thèmes les instruments de l’extrême droite, et jouent ainsi le jeu de l’oligarchie qui consiste à entretenir de sempiternels combats au sein du peuple. De ce fait, le mot « nationalisme » est devenu synonyme d’extrême droite alors qu’il était auparavant l’adage de nombreux mouvements contestataires.
Il est évident que le nationalisme est aujourd’hui détourné par l’extrême droite, et que certaines de leurs idées n’ont donc rien à voir avec le nationalisme mais plutôt avec le fascisme (et vous remarquerez que c’est le cas de tous les partis). Il est aussi évident, qu’une fois ce thème entre les mains des idées les plus perverses, il est instantanément écarté de tout débat. Les oligarques peuvent ainsi plus facilement imposer les dérives dont nous sommes témoins, le tout au nom d’un marché mondialisé aux conséquences abominables. Nous ne sommes donc pas d’avis que ces combats du peuple contre le peuple sont légitimes, ni qu’ils méritent de l’attention. Par contre, nous sommes convaincus que nous serons tous amenés à vivre tous ensemble. De ce fait, la dénonciation d’un système oppressant et, usant continuellement de procédés peu scrupuleux pour nous amener à nous entre-tuer, est nécessaire. C’est à ce travail que Pierre Hillard et moi-même prétendons.