Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Information alternative

Publicité

Philosophies capillaires / N°74

Philosophies capillaires / N°74

Je m’occupe rarement de philosophie sauf lorsque la philosophie me poursuit et, telle une bête sauvage, se jette sur moi au coin d’une rue. Par exemple lorsque je croise l’un de mes jeunes semblables avec une coupe « dépeignée », autrement nommée « saut du lit », je plonge immédiatement dans un abîme de perplexité philosophique. 

 La coupe « saut du lit » est façon de se peigner en se dépeignant, le but étant de faire croire qu’on ne s’est pas peigné, comme lorsque on sort du lit le matin. Le problème, c’est que pour avoir une coupe dépeignée digne de ce nom, il faut drôlement bien se peigner, justement. 

Je sais, j’ai essayé, il m’a fallu du gel, un peigne et un sèche cheveux et je peux vous dire que j’ai usé le miroir de la salle de bain car, si l’on ne se peigne pas soigneusement, on obtient très rarement une coupe « saut du lit » digne de ce nom. A la place, on a plutôt une coiffure bizarre que je qualifierais de coupe « tout plat d’un côté ». 

Or, ce problème de coiffure rappelle singulièrement le fameux paradoxe d'Epiménide dans lequel un homme déclare "Je mens". Si c'est vrai, c'est faux, puisqu’il dit la vérité. Si c'est faux, c'est vrai, puisqu’il ment. Et c’est pareil avec « la coupe saut du lit » : si je veux avoir l’air de sortir du lit, il ne faut surtout pas que je sorte vraiment du lit mais plutôt du salon de coiffure. coiffure_homme.jpg

Donc, lorsque vous voyez un djeune qui a l’air de sortir du lit, il n’en sort certainement pas. Mais alors ! Pourquoi ce djeune veut-il absolument avoir l’air qu’il n’a pas avec sa coiffure non coiffée peignée dépeignée ? 

C’est très simple : il veut avoir l’air cool et il pense que les gens cools ne se peignent pas le matin. Car les gens cools ont autre chose à faire le matin que de se plier aux exigences fascistes de la dictature de l’apparence bien peignée.

Les gens cools n’en ont rien à faire de se peigner le matin et c’est la raison pour laquelle notre jeune philosophe passe deux fois plus de temps à se dépeigner dans sa salle de bain que les gens pas cools à se peigner. D'où le paradoxe.

Du coup, lorsque je croise l’un de ces juvéniles philosophe, je ne peux m’empêcher de lui lancer un clin d’œil complice qui signifie que je suis heureux qu’il se lève plus tôt que les autres pour prendre soin de son apparence car le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt – même pour avoir l’air de s’être levé tard. 

Ce petit clin d’œil d’encouragement provoque rarement l’effet escompté, le jeune aristotélicien préférant généralement s’interroger sur mes orientations sexuelles plutôt que sur le paradoxe d’Epiménide, ce qui est fort regrettable, mais bon...

Par ailleurs, le vaste champ des paradoxes capillo-philosophique recèle bien d’autres mystères et mériterait plus d’attention : prenez la coiffure d’Eric Zemmour, mi années 70, mi second empire - et en tout cas profondément métaphysique – que nous dit-elle ? 

Ne nous amène-telle pas à sonder les profondeurs insoupçonnées de l’âme humaine – voire, n’est elle pas la métaphore capillaire du point précis où les lois du modèle de la relativité générale s’abolissent et nous font entrer dans l’infiniment petit et ses bizarreries quantiques ?

 Ah, l’infiniment petit !

Les Blablas de la Blanche ici

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article