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Le Bureau d'investigation du journalisme de Londres compte 260 frappes de drones américains au Pakistan, qui auraient fait jusqu'à 535 victimes civils.
REUTERS/Athar Hussain
Une équipe de journalistes réunis au sein du bureau of Investigative of Journalism, basé à Londres, a rendu public un rapport, dimanche, concernant les frappes des drones américains au Pakistan. Ses conclusions font état de centaines de victimes civils.
Une enquête menée par le Bureau d'investigation du journalisme (The Bureau of Investigative Journalism), basé à Londres, dénonce des frappes d'avions-cibles américains sur des civils au Pakistan. Les drones de la CIA, destinés normalement à surveiller les talibans présumés qui se cachent dans les zones tribales, au nord-ouest du Pakistan, auraient, à plusieurs reprises, ciblé des sauveteurs qui venaient en aide à des civils touchés par une première frappe selon le New York Times de dimanche.
Le rapport des journalistes du Bureau d'investigation de Londres a été révélé sur le Sunday Times et sur le site du Bureau of Investigative Journalism, quelques jours après le discours du président Barack Obama le 30 janvier dernier, au sujet de la campagne des drones au Pakistan, dans lequel il déclarait que l'action des drones "n'avait pas causé un grand nombre de pertes civiles". En réponse à ces déclarations, le rapport dénonce la mort d'au moins 50 personnes tuées alors qu'elles tentaient d'aider des civils qui assistaient à des funérailles.
L'enquête du Bureau qui a commencé l'année dernière, dresse un bilan accablant pour le gouvernement américain. Ainsi, deux-cent soixante frappes auraient été effectuées par des drones américains depuis la prise de fonction du président Obama début 2009. Jusqu'à 535 civils auraient été tués dans des attaques, dont plus de 60 enfants. L'équipe de journalistes fonde les conclusions de son rapport sur des entretiens avec des villageois témoins des frappes, ou encore des blessés ou des membres de la famille des personnes tuées.
Des dommages collatéraux pour le gouvernement
Si le gouvernement américain a nié les allégations formulées dans le rapport, il a néanmoins reconnu que plusieurs dizaines de civils avaient été tués par inadvertance. "Pour la plupart, ils ont été frappés car ils ont été affiliés à Al-Qaïda même s'ils ne figuraient pas sur notre liste de terroristes actifs". Un responsable américain de la lutte contre le terrorisme, interrogé sur les conclusions du rapport et qui a souhaité garder l'anonymat, a déclaré que "les décisions de ciblage des drones étaient le produit d'une collecte de renseignements et d'observations intensifs".