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Deutsche Bank, elle aussi sur la sellette, est l’objet d’un examen à part
L’agence de notation Moody’s a annoncé hier qu’elle avait abaissé la note d’une série de banques allemandes et autrichiennes, comme elle l’avait laissé entrevoir en février. Les bourses avaient anticipé l’annonce. Il n’y a pas eu de panique hier sur les marchés.
L’agence américaine de notation Moody’s avait dressé en février une liste de 114 instituts européens et 17 banques d’envergure internationale – dont Deutsche Bank – menacés de voir baisser leur note. Au cours des semaines passées, 16 banques espagnoles et 26 instituts italiens avaient vu baisser la leur. Hier, c’était au tour des trois plus grandes banques autrichiennes et de sept banques allemandes dont Commerzbank, la deuxième banque du pays en partie nationalisée dans le sillage de la crise bancaire.
«Les banques allemandes sont engagées dans de nombreux pays et secteurs d’activité tels l’immobilier ou les transports maritimes internationaux particulièrement affectés par l’aggravation de la crise de la dette», explique l’analyste de Moody’s Carola Schuler. Fin mars, le bilan de Commerzbank faisait état d’un engagement à hauteur de 14 milliards d’euros en Espagne, dont 4,4 milliards de créances bancaires. La note de la dette à long terme de Commerzbank baisse d’un point (à A3) et sa perspective est abaissée à «négative».
Les banques DZ Bank et Dekabank passent à A1; Deutsche Hypothekenbank, et les banques régionales du Bade-Wurtemberg et Nord LB à A3, la banque régionale de Hesse-Thuringe Helaba à A2. La banque coopérative WGZ Bank garde sa note assortie d’une perspective négative.
Deutsche Bank, elle aussi sur la sellette, est l’objet d’un examen à part. Sa note devrait être connue d’ici à la fin du mois, selon Moody’s.
Globalement, Moody’s analyse d’un œil critique le modèle de la banque d’investissement d’envergure internationale à Deutsche Bank, affecté de graves problèmes structurels aux yeux de l’agence: manque de confiance des investisseurs, coûts de refinancement en hausse, trop faible concurrence, trop forte imbrication des instituts les uns avec les autres… Pire encore aux yeux de l’agence serait la situation des banques européennes d’envergure régionale, type Landesbank allemande.