Six jours après l’assaut du Raid au cours duquel Mohamed Merah, coupable du meurtre de sept personnes dont trois enfants, a trouvé la mort, l’ex-patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) s’interroge sur les relations que pouvait entretenir le meurtrier avec la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).
Interrogé le mardi 27 mars dans le quotidien "La Dépêche", Yves Bonnet, qui n’a pas participé à l’enquête, émet des hypothèses. Il observe :
Interrogé sur la possibilité que Mohamed Merah ait été "un indicateur" de la DCRI, l’ex-patron de la DST ne nie pas. Mais reste prudent :
Revenant plus largement sur l'enquête, Yves Bonnet a souligné la faiblesse des moyens de surveillance dont dispose la DCRI, "matériels, mais surtout humains" :
Il ne faut jamais oublier que la surveillance d'une personne nécessite des moyens considérables et qu'aujourd'hui, s'il y a une faille, c'est dans la modicité des moyens de nos services de sécurité"
Yves Bonnet pointe par ailleurs "du temps perdu par les juges" en début d’enquête : "On aurait dû dès le départ considérer que c'était un acte terroriste. Tuer des militaires gratuitement est un acte terroriste".
Ses réserves portent enfin sur les effets d’affichage qui ont accompagné l’affaire : "On peut avoir le sentiment que les considérations médiatiques l'ont emporté sur tout le reste".
Il dénonce ainsi à la fois le dispositif Vigipirate rouge, dont "en l'occurrence, on aura remarqué [la] parfaite nullité". Et la surprésence médiatique du ministre de l’Intérieur Claude Guéant sur le théâtre des opérations :
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120327.OBS4685/merah-avait-manifestement-des-relations-avec-la-dcri.html
