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Plus de 30.000 personnes ont participé à ces marches, selon l'association des usagers bancaires (Adicae), à Madrid, Barcelone, Bilbao, Saragosse, Cáceres, Vigo, Alicante, Corogne, Seville ou encore Valladolid.
Mains en l'air. C'est un vol, scandaient des manifestants venus défiler en famille dans la capitale, aux sons des sifflets et des tambours, sous les fenêtres de la banque d'Espagne et d'autres banques.
Même slogan à Barcelone, où des centaines de personnes, en majorité des retraités, étaient venues dénoncer les produits toxiques qui leur ont été conseillés mais qui ont avalé leurs économies avec la crise.
Nous vous avons fait confiance, et vous nous laissez tomber, proclamait une banderole en tête de cortège.
L'Adicae dénonce les graves abus des banques permis grâce à une politique d'ultra-protection du secteur financier, et demande notamment la suppression des taux planchers prévus dans de nombreux crédits et qui obligent les emprunteurs à payer des intérêts à des taux nettement supérieurs à ceux du marché actuel.
Par ce système, selon l'Adicae qui demande des réformes, quatre millions de familles paient cinq milliards de plus que ce qu'elles devraient payer avec la bénédiction de la banque d'Espagne.
Juan Carlos Fumo est de ceux-là et fait également partie de la cohorte des quelque cinq millions de chômeurs du pays, soit près d'un actif sur quatre.
A 60 ans, ce technico-commercial dans les produits anti-incendie vient d'être licencié et ne peut plus faire face aux 935 euros qu'il doit rembourser chaque mois à un organisme de crédit pour l'achat de sa maison près de Madrid. D'autant que son épouse de 57 ans est aussi au chômage depuis sept mois.
Je suis une victime des crédits pourris, raconte-t-il à l'AFP. J'ai acheté ma maison 166.000 euros il y a quatre ans. Avec la crise, elle en vaut 66.000 aujourd'hui. Mais, je dois continuer à payer des taux d'intérêt de 4%, bien au-dessus du marché actuel.
Il affirme, comme de nombreux autres, avoir accepté ce contrat car il n'y avait pas d'autre choix et craint que son fils, son garant, plonge avec lui.
J'ai proposé de les rembourser avec ma maison mais ils ne veulent pas car ils en ont déjà trop. Ils veulent de l'argent, ajoute-t-il, précisant qu'il doit encore payer pendant 30 ans.
Mêmes regrets de Mari Carmen Parado, une employée de 37 ans, marchant avec son bébé dans un harnais ventral. Elle a contracté un crédit avec un taux d'intérêt plancher de 3,75%. Je paie 20% de plus que ce que je devrais. Ils m'escroquent, se lamente-t-elle.
L'Espagne souffre de la crise depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008 et le secteur bancaire, qui a prêté à tout va, a accumulé plus de 135 milliards d'euros de créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés. Le nombre d'expulsions de propriétaires ne pouvant plus rembourser leur crédit va de record en record depuis deux ans.
(©AFP / 03 mars 2012 18h17)