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Le New York Times publie ce dimanche une intéressante enquête sur une face sombre des sept mois de bombardements aériens en Libye qui --le contraire eut été un miracle-- ont bel et bien fait des victimes civiles.

"Des douzaines de tués et de blessés" dont l'Alliance atlantique ne veut pas admettre l'existence et "sur lesquelles elle refuse d'enquêter", selon le quotidien américain.
Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, affirmait en novembre : "Nous avons mené cette opération avec beaucoup de précaution, sans qu'il y ait de cas confirmés de victimes civiles".
L'enquête sur le terrain des journalistes du Times montre le contraire. Ils arrivent à "un total d'au moins 40 et peut être plus de 70 civils tués par l'Otan, dont au moins 29 femmes et enfants". C'est évidemment peu rapporté au nombre de 7700 bombes et missiles tirés, des engins bénéficiant de système de guidage précis, qui dans leur immense majorité ont fait mouche sans causer de dégâts collatéraux. Mais ce n'est pas... rien.
Cette estimation est probablement en deçà de la réalité, puisque les reporters ont concentré leurs recherches sur vingt-cinq sites seulement pour lesquels ils disposaient d'indices ou de témoignages. Confrontée aux résultats de l'enquête duTimes, l'Alliance atlantique a fini par sortir d'un silence gêné pour renvoyer les journalistes vers le Conseil national de transition (CNT).
Outre le reportage vidéo (en anglais) de CJ Chivers et Ben Solomon, ci-dessus, le quotidien a mis en ligne ce dossier interactif documentant treize bavures, qui ont détruit un bureau de poste, endommagé un hôpital, écrasé des maisons ou encore pulvérisé une colonne de chars pris aux soldats de Kadhafi par les rebelles, faisant prendre des semaines de retard aux hommes du CNT.
Bruno RIPOCHE
Source du texte : OUEST FRANCE