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Les Russes voient le prix des pommes de terre s'envoler

Les Russes voient le prix des pommes de terre s'envoler

LEMONDE.FR avec AFP | 17.02.11 | 11h36

 

Le prix du kilo de pommes de terre a quasiment doublé, de 25 roubles à plus de 40 roubles (0,60 euro à 1 euro) en l'espace de deux mois.

Le prix du kilo de pommes de terre a quasiment doublé, de 25 roubles à plus de 40 roubles (0,60 euro à 1 euro) en l'espace de deux mois.AFP/VIKTOR DRACHEV

La sécheresse sans précédent qui a frappé la Russie cet été et détruit un tiers des récoltes à travers le pays a de fortes répercussions sur le prix des denrées. Sur un marché de Moscou, les clients se désolent : les prix du sarrasin, des pommes de terre, ou encore du chou, ne cessent de grimper, au point que ces produits, au cœur de l'alimentation russe, deviennent plus chers que certains fruits exotiques, telles les bananes, par exemple.

 

Le prix du kilogramme de pommes de terre a quasiment doublé, passant de 25 roubles à plus de 40 roubles (de 0,60 euro à 1 euro) en l'espace de deux mois. Au supermarché, le prix peut atteindre 100 roubles (2,5 euros). A la suite de la catastrophe naturelle de cet été, "il y a eu plusieurs vagues de hausses des prix", explique Natalia Orlova, économiste de la banque moscovite Alfa Bank. "D'abord, ceux du pain et du sarrasin, puis celui du lait et maintenant celui de la viande."

Selon l'agence fédérale des statistiques Rosstat, le prix moyen du panier de la ménagère a augmenté sur le seul mois de janvier de 5,5 %, pour s'établir à 2 769 roubles (70 euros environ), alors que le revenu moyen en septembre 2010 était de 18 240 roubles (460 euros environ).

MAÎTRISER L'INFLATION

L'inflation sur le marché mondial, provoquée par une mauvaise météo dans de nombreux pays et la hausse de la demande, notamment en Asie, pèse aussi lourdement sur la situation en Russie, explique Sergueï Aleksachenko, expert de l'Ecole supérieure d'économie (HSE). "Pour les céréales, la viande, l'huile de tournesol, pour le sucre, le lait, les prix russes sont fixés par rapport aux prix mondiaux", dit-il.

D'autant que face aux pénuries occasionnées par les récoltes perdues, la Russie est contrainte d'importer certains produits de base. Rien qu'en décembre, les importations de pommes de terre ont été multipliées par dix et celles de choux par quinze.

Un casse-tête pour les autorités russes, alors que des législatives et une présidentielle sont prévues en 2011-2012. Officiellement, le gouvernement continue de tabler sur une inflation annuelle maîtrisée à 6-7 %. La semaine dernière, le président Dmitri Medvedev mettait la pression sur la ministre du développement économique, Elvira Nabioullina, déclarant que la principale bataille du gouvernement était la maîtrise de l'inflation. Fin janvier, le vice-ministre du développement économique, Andreï Klepatch, indiquait ne pas exclure de plafonner les prix de certaines denrées.

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