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Les exigences de la troïka se heurtent à la rue en Grèce

Les exigences de la troïka se heurtent à la rue en Grèce

LEMONDE.FR avec AFP | 05.10.11 | 06h43   •  Mis à jour le 05.10.11 | 07h56

 

Le ministère du travail a été occupé, mardi à Athènes, par des manifestants communistes qui refusent les nouveaux efforts demandés par les bailleurs de fonds du pays.

Le ministère du travail a été occupé, mardi à Athènes, par des manifestants communistes qui refusent les nouveaux efforts demandés par les bailleurs de fonds du pays.AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Les syndicats grecs ne désarment pas. Ce mercredi 5 octobre, une grève de vingt-quatre heures, lancée par l'Adedy, le principal syndicat du secteur public, devrait paralyser le pays. Les fonctionnaires et les employés des entreprises publiques protestent contre la mise en chômage technique de trente mille salariés d'ici à la fin de l'année. Les trafics aérien et ferroviaire devraient être perturbés, les écoles, fermées et les hôpitaux, fonctionner en service réduit.

 

Le ministère du travail grec a été occupé mardi par des manifestants communistes qui refusent les nouveaux efforts demandés par les bailleurs de fonds du pays, notamment un abaissement du salaire minimum. Les actions de protestation contre l'austérité, auxquelles se mêlent étudiants et lycéens opposés à la réforme de l'enseignement supérieur, se multiplient.

Ailleurs dans Athènes, des blocages se poursuivent devant les ministères, où les inspecteurs de la troïka sont censés avoir des rendez-vous mercredi pour terminer leur audit des comptes publics.

BESOIN VITAL

 

La Bourse d'Athènes a connu mardi sa plus importante chute depuis dix-huit ans.

La Bourse d'Athènes a connu mardi sa plus importante chute depuis dix-huit ans.AP/Thanassis Stavrakis


La veille, à Luxembourg, la zone euro avait reporté du 13 octobre à la mi-novembre toute décision sur le versement d'une prochaine tranche du prêt international dont Athènes a un besoin vital pour éviter la faillite, en réclamant des mesures nouvelles d'économies pour 2013 et 2014, et des privatisations supplémentaires.

Ce report a fait plonger mardi les places boursières mondiales. L'indice de la Bourse d'Athènes a chuté de 6,28 %, pour s'établir à 730,33 points, son plus bas niveau depuis dix-huit ans. Dans ce contexte négatif qui ravive les craintes sur un défaut de la Grèce, le premier ministre, Georges Papandréou, s'est entretenu mardi soir au téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel, des dernières évolutions sur la Grèce et l'Europe.

De son côté, le ministre des finances grec, Evangélos Vénizélos, a répondu aux médias, après son retour de Luxembourg, que de nouvelles économies ne seraient "pas nécessaires", "à condition que les mesures déjà annoncées soient appliquées". Il a relativisé le report de la décision sur le versement du prêt, jugeant que la Grèce pouvait tenir jusqu'à la mi-novembre. Et il a assuré que les efforts déjà effectués par les Grecs ont été jugés "impressionnants et ont changé le climat".

Selon la presse nationale, les mesures nouvelles demandées par les créanciers (UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) portent sur un point crucial : l'accélération de la réforme du marché du travail. Il s'agit d'abaisser les coûts du travail et relancer l'activité en Grèce, où l'économie est totalement asphyxiée par trois ans de récession, dont presque deux d'extrême austérité.

ABAISSEMENT DU SALAIRE MINIMUM

La troïka aurait demandé un abaissement du salaire minimum (750 euros) et une révision des conventions collectives qui régissent les salaires dans les entreprises privées. Cette mesure touchant le privé interviendrait après l'abaissement général du traitement des fonctionnaires et des retraites appliqué en 2010 à la demande des créanciers, et le relèvement de nombreuses taxes et de nombreux impôts.

Le grand quotidien grec Ta Néa évoquait la "torture chinoise de la goutte d'eau" utilisée par la troïka sur la Grèce avant de débloquer les huit milliards d'euros initialement promis en août, en application de l'échéancier du prêt international de 110 milliards sur trois ans accordé en mai 2010, dont la Grèce a reçu 65 milliards à ce jour.

Le 19 octobre, l'Adedy et la centrale du privé, la GSEE, prévoient une grève générale de vingt-quatre heures.

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