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Le tour de magie

Le tour de magie

 

Quel est donc ce tour de magie par lequel les dettes semblent se résoudre ? Eh bien, c’est par la BCE semble-t-il. La banque centrale rachète la dette grecque. Elle la rachète aux banques qui ont contracté cette dette. Du coup, les banques peuvent récupérer leurs sous. Quant à la BCE, elle a sans doute acheté ces dettes avec un taux d’intérêt à long terme de zéro. Du point de vue comptable, la Grèce n’a pas réduit sa dette mais elle ne doit plus aux banques et ne peut plus fragiliser le système. Elle doit à la BCE qui a tout le temps pour se faire rembourser vu que c’est la seule banque qui ne peut pas faire faillite. Toute cette cuisine semble bien peu démocratique. Sorte d’arrangement entre amis. Mais ainsi va le monde. Un ménage endetté, par contre, ne pourra faire racheter sa dette pas la BCE et sera saisi. Ce n’est pas très moral mais ainsi va le monde. Les banques ont retrouvé leur santé et se préparent à lorgner sur d’autres affaires. Elles pourront verser des bonus aux traders et des dividendes aux actionnaires. Tout ce beau monde saura-t-il dire merci la BCE, merci les eurocrates ? En attendant, un plan de rigueur se prépare, précédant le second plan de rigueur pour 2013. Et nul ne peut prédire la prochaine crise ? A moins que la crise ne dure deux décennies comme au Japon. <o:p></o:p><o:p>
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Ce nouvel épisode dévoile une fois de plus la pathologie de la monnaie. Après les crises japonaise, mexicaine, asiatique, russe, argentine, systémique de 2007 et enfin européenne de 2010. L’économie et la finances sont aux prises avec un problème de monnaie disponible, mal répartie, inéquités de solvabilité, bulle immobilière, le tout faisant que les Etats n’extraient pas assez de monnaie à partir d’une économie anémiée si bien que les déficits creusent les dettes, ce qui engendre une seconde pathologie, celle du crédit, autrement dit de la monnaie décalée dans le temps. <o:p></o:p><o:p>
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Autre dévoilement, celui de cette eurocomédie si bien exécutée. Le bon peuple croit que les eurocrates sont des sauveurs. Les élites ont transgressé les lois du libéralisme et les gauchistes s’imaginent que le système est néo-libéral. Il l’est pour les travailleurs perdant leur job, pour les étudiants et ménages ponctionnés par les loyers, mais pas pour les gros poissons de la finance, ni les Etats.

extrait de Les dessous d’une drôle de guerre eurocomique par Bernard Dugué

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