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Le référendum voulu par Papandreou suscite l'incompréhension

Le référendum voulu par Papandreou suscite l'incompréhension

ATHENES (Reuters) - L'incompréhension voire la consternation prédominent dans la zone euro au lendemain de la décision du Premier ministre grec George Papandreou de convoquer un référendum sur le nouveau plan européen de renflouement du pays.

A Athènes, l'opposition accuse le chef du gouvernement socialiste de "jouer aux dés" l'avenir du pays pour s'épargner, par cette première consultation populaire depuis l'abolition de la monarchie en 1974, la perspective d'élections anticipées.

Dans les autres capitales européennes, on déplore une décision porteuse d'instabilité d'ici à l'organisation du scrutin, probablement en janvier, et, en cas de victoire du "non", le risque d'une nouvelle crise de l'euro.

L'annonce surprise de Papandreou devrait également devenir une source d'embarras pour les Européens lors du sommet du G20, jeudi et vendredi à Cannes.

Les dirigeants de la zone euro ont accepté, à l'issue de leur sommet du 26 octobre à Bruxelles, de prêter 130 milliards d'euros à la Grèce et obtenu des créanciers privés qu'ils effacent 50% des quelque 210 milliards d'euros de titres grecs qu'ils détiennent.

En annonçant lundi sa décision de consulter les Grecs sur ce plan, George Papandreou a expliqué qu'il lui fallait obtenir un soutien politique élargi aux mesures d'austérité et aux réformes structurelles exigées par ses bailleurs de fonds.

Le dernier sondage publié sur la question, samedi par le journal To Vima, montre que près de 60% des Grecs jugent l'accord négatif. Beaucoup dénoncent une atteinte à la souveraineté du pays.

LE FDP ALLEMAND IRRITÉ

Pour l'économiste chypriote Christopher Pissarides, lauréat du prix Nobel, un rejet du plan d'aide augurerait mal de l'avenir de la Grèce au sein de l'euro. "Ce serait mauvais pour l'Union européenne et la zone euro en particulier, mais pire encore pour la Grèce", dit-il.

"En cas de victoire du 'non', la Grèce ferait défaut immédiatement. Je ne la vois pas rester dans l'euro."

Le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, estime lui aussi que le référendum équivaudra à un vote sur l'appartenance du pays à la zone euro.

En Allemagne, le président du groupe parlementaire du FDP (libéral), partenaire avec l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la coalition au pouvoir connu pour ses positions eurosceptiques, n'a pas caché son "irritation".

"C'est une étrange manière d'agir", a déclaré Rainer Brüderle. "On dirait que quelqu'un essaie de se dégager de ce qui a été convenu."

"Le Premier ministre (Papandreou) a (accepté) un plan de sauvetage qui bénéficie à son pays. Les autres pays consentent à des sacrifices considérables pour des décennies de mauvaise gestion et de faible gouvernance en Grèce", a-t-il encore déploré sur les ondes de la Deutschlandfunk.

Si les analystes ne s'avancent pas à prédire le résultat du référendum, ils attendent des semaines de volatilité sur les marchés en raison de l'incertitude que feront peser les préparatifs du scrutin.

Les premières réactions des places financières ont été négatives, l'euro a accru ses pertes contre le dollar et les marchés d'actions, de Francfort à Paris en passant par Londres, Madrid ou Milan, ont ouvert dans le rouge mardi matin.

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