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Le nouveau DSK, une tisane vaguement politique

Le nouveau DSK, une tisane vaguement politique

Invité sur France 2 de l'émission A vous de juger, Strauss-Kahn a livré une prestation sans surprise, slalomant entre les sujets: crise, retraites, rigueur, Grèce, présidentielles, tentant de présenter un FMI sympa et revendiquant son attachement à la sociale-démocratie.


Le nouveau DSK, une tisane vaguement politique
DSK avait choisi son décor: Washington. Le Capitole en toile de fond; ça vous pose  un homme. Sarkozy a dû en pâlir d'envie... Après plusieurs unes  dans la presse, hier soir, le président du FMI poursuivait sur France 2 son opération d'auto-promo. Un entretien enregistré la veille par Arlette Chabot dans son bureau du FMI.
Au programme, la crise, les retraites, quelques vaines tentatives sur ses ambitions politiques hexagonales. Le patron du FMI jouait « une partie serrée » disait les observateurs. Tu parles ! La montagne rigoriste a accouché d'une souris vaguement social-démocrate. Du DSK pur sucre, le Capitole en prime. Quelques phrases toutes faites « la crise est un mal pour un bien ;  « l'économie de marché, c'est un système qui a des qualités et des défauts ».

Soumis à un devoir de réserve, sur le fond, super-DSK s'est limité à souhaiter davantage de régulation, martelant quand même un « pas de pitié avec la spéculation » pas des plus convaincants, surtout à se rappeler les réformes du Ministre des Finances DSK.. C'est en médecin du monde, que s'est présenté le président du FMI : « si vous avez du cholestérol, on vous donne des médicaments, mais il faut arrêter de manger de la graisse (sic) », minimisant le caractère austère du FMI, allant jusqu'à le qualifier de "sympa".

Super-DSK, Super-modeste
L’ancien député-maire de Sarcelles s’est également invité dans le débat des retraites, en réfutant d’emblée tout « dogme » sur l'âge de départ à la retraite. « Si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans, il va bien falloir que d'une manière ou d'une autre ça s'ajuste. Dans beaucoup de pays, c'est la voie qui est choisie », a-t-il déclaré.

DSK a lancé un credo, la « différenciation ». « Parce que les vies ne sont pas les mêmes, il y en a qui sont plus usés, plus fatigués, et d'autres qui, au contraire, peuvent continuer à travailler assez âgés, beaucoup plus âges qu'on ne l'aurait imaginé il y a dix ou vingt ans, parce qu'aujourd'hui on est en forme beaucoup plus âgés ».
Interrogé sur un éventuel pacte entre les leaders du PS: «Est-ce que je sais moi ? », a rétorqué le champion des sympathisants de gauche en haussant les épaules martelant par trois fois: « qu'on me laisse travailler » refusant ainsi d’évoquer le sujet de sa candidature éventuelle sur l’élection présidentielle de 2012. « J'ai une petite tête et je ne sais penser qu'à une seule chose à la fois. Et ce à quoi je pense, c'est mon travail d'aujourd'hui », a-t-il insisté.Toutefois, il n’a pas manqué de distiller quelques signaux sur ses ambitions présidentielles. «j'ai l'impression -peut-être que ça va vous paraître prétentieux- que je fais des choses qui sont, à ma modeste place, utiles au monde, utiles à l'Europe, de ce fait d'ailleurs, utiles à la France aussi ». Modeste, super-DSK.

Vendredi 21 Mai 2010
Régis Soubrouillard

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