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Beyrouth.De notre correspondante
Hassan Nasrallah n'a pas mâché ses mots, mardi, au soir de la violente escarmouche entre soldats libanais et israéliens, qui a fait au moins quatre morts à la frontière entre les deux pays : « Je dis à l'ennemi que s'il porte de nouveau la main sur l'armée, nous la lui couperons », a déclaré le chef du Hezbollah, le Parti de dieu (chiite).
Le Hezbollah ne s'est pas mêlé à l'incident de mardi et nul cette fois, au Liban, ne pourra lui tenir rigueur d'avoir ouvert les hostilités et attiré les foudres d'Israël, comme en juillet 2006, lorsque le parti chiite avait enlevé deux soldats israéliens, déclenchant un sanglant conflit de trente-trois jours.
Mais la prochaine fois, menace Nasrallah, le Hezbollah « protégera » l'armée et le Liban. Manière de légitimer la redoutable milice dont le Parti de dieu dispose, et dont il refuse obstinément de se défaire, au nom de la résistance à Israël.
Le fantôme d'Hariri
Toutefois, le numéro 1 du Hezbollah s'est réservé un étonnant effet d'annonce : il avait déjà causé la surprise, une semaine plus tôt, affirmant que le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) ¯ chargé de juger les assassins de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri et, selon lui, rouage d'un complot international conçu pour détruire le Hezbollah ¯ inculperait à l'automne des membres de son parti et qu'il en refuserait d'office les conclusions.
Nasrallah va encore plus loin aujourd'hui, en déclarant qu'il détient des preuves formelles de l'implication israélienne dans le meurtre d'Hariri et qu'il les dévoilera le 9 août. Coup de bluff motivé par la publication prochaine des actes d'accusation du TSL ? Preuves réelles à révéler à un moment stratégique ? Au Liban, la porte est désormais ouverte à toutes les spéculations.