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Le géant Monsanto à l'assaut du Népal

Le géant Monsanto à l'assaut du Népal

Le Point.fr - Publié le 28/12/2011 à 17:43 - Modifié le 29/12/2011 à 09:21

Le semencier est sur le point d'introduire un maïs hybride au Népal. Pour assurer l'avenir alimentaire de la population ou pour ruiner les paysans ? Controverse.

Un fermier dans une rizière à Khokana, un village au sud de Katmandou.

Un fermier dans une rizière à Khokana, un village au sud de Katmandou. © Navesh Chitrakar / Reuters

 

D'un côté, Monsanto, gigantesque firme américaine spécialisée en biotechnologies agricoles. De l'autre, le Népal, pays rural parmi les plus pauvres au monde. Un contraste qui est en passe de prendre une dimension emblématique, car dans ces lointaines vallées himalayennes, les projets de développement de Monsanto, leader mondial des semences OGM et des herbicides, ne sont pas passés inaperçus.

Le 13 septembre dernier, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) annonçait sur son site local avoir conclu au Népal un accord avec la multinationale Monsanto et le ministère de l'Agriculture et des coopératives. Ce "projet pilote" entend ainsi introduire un maïs hybride de Monsanto auprès de 20 000 paysans, dans les districts de Chitwan, Nawalparasi et Kavre.

"Nous ne voulons pas de Monsanto"

Très vite, les protestations ont fusé. Relayée sur Facebook, une campagne intitulée "Stop Monsanto in Nepal" a pris de l'ampleur et a culminé par une marche organisée à Katmandou le 25 novembre. Outre l'enjeu des stratégies agricoles, c'est le nom même de Monsanto qui fait frémir les contestataires. "Cette firme a une histoire controversée, dénonce l'activiste Sabin Ninglekhu. Et quand Monsanto s'implante dans un pays, elle finit souvent par tester ou par vendre des OGM. Chez notre voisin, l'Inde, les baisses de rendement de son coton transgénique BT ont poussé des paysans au suicide. Nous ne voulons pas de Monsanto."

Paradoxalement, les protestations ne sont pas venues du gouvernement de Katmandou, mais de la société civile éduquée. Les maoïstes, qui dominent l'Assemblée constituante, auraient pu y trouver une cause facile tant la multinationale peut incarner le nouveau visage de "l'impérialisme capitaliste". Mais trop affairés à la transition politique d'un Népal encore instable après dix années de guerre civile, les politiciens n'y ont prêté aucune attention.

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