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Le gaz américain bon marché bouscule déjà les rapports entre l’Europe et Gazprom . La courroie de transmission? Le charbon. Une étude du bureau Alphavalue le voit précipiter le baril vers 50 dollars en 2015
Aux Etats-Unis, la révolution du gaz de schiste est devenue une variable économique et industrielle clé: inexistante il y a dix ans, cette source d’énergie fournit le quart des besoins du pays. Son abondance a divisé par plus de cinq le prix du gaz en cinq ans. Elle pourrait provoquer un contre-choc pétrolier au niveau mondial. Même si l’Europe ne se résout jamais à fracturer son sous-sol. C’est la thèse des dominos défendue par une étude du bureau indépendant de recherche boursière Alphavalue publiée en fin de semaine dernière. Et intitulée de façon provocante «Un baril à 50 dollars en 2015».
«Le charbon, pas mort»
La courroie de transmission vers l’Europe ne serait pas des exportations massives de gaz liquéfié, qui doivent se concrétiser. Mais le charbon. «L’abondance du gaz aux Etats-Unis le met en concurrence directe avec le charbon pour la génération d’électricité», explique Alexandre Andlauer, l’un des auteurs de l’étude. L’Amérique peut se permettre de vendre sa houille bon marché aux centrales étrangères. En particulier celles de l’Union européenne qui, au premier trimestre, en brûlaient 8% de plus qu’un an auparavant. «Le charbon n’est pas mort et sa concurrence va casser les contrats d’approvisionnement de long terme – aux tarifs calculés à partir du pétrole – via lesquels sont fournis plus de 60% du gaz européen, notamment par Gazprom ou la Sonatrach», esquisse la société d’analyse basée à Paris.
Ces dernières semaines, les signes d’une fronde des acheteurs de gaz – face à des tarifs quatre fois plus élevés qu’outre-Atlantique – se multiplient. Quand ce n’est pas le géant allemand EON qui renégocie ses contrats avec Gazprom, c’est Bruxelles qui enquête sur les structures de prix du géant russe.
Le renouvelable menacé
L’effet domino faisant tomber le pétrole est plus ténu. Dans les transports, difficile de faire sans précieux diesel. En revanche, 22% du brut mondial finissent dans l’industrie. Et 5% servent à se chauffer. Deux terrains où le choc est frontal. «Entre 2004 et 2011, l’augmentation des besoins mondiaux de 4 millions de barils quotidiens a provoqué une envolée des prix de 38 à 100 dollars le baril», poursuit Alexandre Andlauer. «Le pétrole ne pourra reste à l’écart de la baisse générale de l’énergie; si on parvient à en remplacer 5% par du gaz – également 4 millions de barils quotidiens –, la décrue du prix du brut peut le conduire vers 50 dollars dès 2015», ajoute-t-il. Sans même tenir compte du gaz de schiste en Chine. Du retour en force du pétrole irakien. Ou du pétrole de schiste.
Effet collatéral? «Les énergies renouvelables deviendraient beaucoup moins compétitives», prévient l’analyste parisien Andlauer. Mais le nucléaire aussi.
note Webrunner : la planète verte, ce n'est pas pour demain....