Information alternative
Par Oliver Abitbol, publié le 30/10/2009 16:09 - mis à jour le 30/10/2009 17:09
La révélation du quotidien New York Times soulève des interrogations de fond sur la stratégie militaire américaine en Afghanistan. Les relations d'Ahmed Wali Karzaï avec la CIA lui auraient permis de jouir d'une immunité totale, à l'abri des chasseurs de narcotrafiquants.
"Si vous cherchez Mère Teresa, vous ne la trouverez pas en Afghanistan." C'est par cet aphorisme qui en dit long sur la probité et l'intégrité de la classe dirigeante afghane, qu'un ancien officier de la C.I.A. ironise à propos de la situation dans le pays, alors que le New York Times rapporte mercredi 28 octobre, qu'Ahmed Wali Karzaï, frère de l'actuel Président afghan serait soupçonné de travailler pour la C.I.A..
AFP PHOTO/Banaras KHAN
Ahmed Walli (à froite), frère du président contesté Hamid Karzaï, le 16 août 2009. Il est suspecté d'avoir financé la fabrication de plusieurs centaines de milliers de bulletins de vote truqués au profit de son frère.
Selon le quotidien américain, l'agence de renseignement rémunère Ahmed Wali Karzaï pour une variété de services, notamment pour son aide dans le recrutement d'une force paramilitaire opérant sous le contrôle de la C.I.A..
Cette révélation soulève des interrogations de fond sur la stratégie militaire américaine en Afghanistan. Présents dans le pays depuis 2001 au sein de la coalition, les Etats-Unis sont les principaux pourvoyeurs de troupes.
Cependant, ils peinent à mettre fin à la rébellion des taliban. Or, en apportant son soutien à Ahmed Wali Karzaï, figure la plus influente dans le sud du pays, certains officiels américains estiment que la CIA a empêché l'armée américaine d'établir un pouvoir centralisé fort autour de Kaboul, en vue d'un futur retrait d'Afghanistan.
Par ailleurs, cette révélation discrédite encore un peu plus le Président Karzaï, en crise de popularité, confortant l'image de "pantin américain" défendue par la propagande talibane depuis son élection en 2004.
Suspecté d'avoir financé la fabrication de plusieurs centaines de milliers de bulletins de vote truqués au profit de son frère, Ahmed Wali Karzaï serait aussi l'un des trafiquants de drogue les plus importants du pays.