Information alternative
Reportée en raison de l'annonce surprise d'un référendum en Grèce il y a une semaine, l'émission du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour l'Irlande a eu lieu hier. Le FESF, qui n'avait pas fait appel au marché depuis juin, a été obligé de payer un prix élevé pour lever 3 milliards d'euros de titres à 10 ans portant un coupon de 3,5 % : l'opération est sortie avec une prime de 177 points de base au-dessus d'une obligation allemande à 10 ans. C'est l'équivalent du taux « mid-swap » + 104 points de base. Lors de ses trois précédentes émissions, le Fonds avait payé respectivement le taux « mid-swap » + 6, + 17 et + 6 points de base. Autre comparaison éloquente : le rendement offert par le FESF lundi est quasiment celui offert sur le marché européen fin octobre par Tesco, dont la note de crédit se situe pourtant six crans en dessous. C'est aussi beaucoup plus cher payé que l'émission effectuée fin septembre par Danone, aussi noté six crans en dessous. En outre, la demande a à peine dépassé 3 milliards d'euros hier, alors que la première émission du FESF avait recueilli pas moins de 45 milliards d'euros en janvier.
« Depuis quelque temps l'écart de taux entre le FESF et l'Allemagne suit d'assez près l'évolution de l'écart France-Allemagne, note Clément Genes, chez Kepler. Le marché semble anticiper une dégradation de la note de la France et son impact sur la capacité d'emprunt du Fonds de stabilité ; les investisseurs tiennent aussi compte des incertitudes sur la pérennité des mécanismes de soutien de la zone euro. » Le sommet du G20 s'est en effet achevé sans aucune promesse de participation du FMI ou des pays émergents au futur véhicule de financement du FESF. L'augmentation de sa force de frappe à 1.000 milliards d'euros reste dès lors hypothétique. « Le marché est suspendu à une éventuelle réunion des ministres du G20, en novembre, ou en début d'année prochaine », indique un intervenant.