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Le FMI sort ses griffes contre la BCE et son projet de rachat de la dette

Le système financier n’est toujours pas assaini, jugent les experts. L’Europe du Sud est exposée à des fuites massives des capitaux

Bientôt trois ans de crise de la dette au sein de la zone euro et la sortie du tunnel n’est toujours pas en vue. La confiance n’est pas de retour, surtout dans les pays du sud de l’Europe, constate le Fonds monétaire international (FMI) dans son «Rapport sur la stabilité financière dans le monde» publié mercredi en marge de son assemblée générale qui a lieu ce week-end à Tokyo. En désespoir de cause, les pays affaiblis subissent une fuite des capitaux vers des cieux plus cléments, notamment aux Etats-Unis et au Japon. Un montant de 296 milliards d’euros a quitté l’Espagne entre juin 2011 et juin 2012, estime le FMI. Pour l’Italie, c’est 235 milliards.

Le rapport relève une autre faille. Les banques européennes n’ont pas encore fini leur assainissement. Faute de pouvoir augmenter leurs fonds propres, elles doivent, selon le FMI, se défaire d’actifs de l’ordre de 4500 milliards d’euros afin de réduire les risques de crédit. Impératif pour pas moins de 58 grandes institutions européennes, un tel exercice réduirait la croissance économique de 4 points en 2013 dans les pays déjà en récession, dont l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

Le FMI note que des progrès tangibles vers la création d’une union bancaire de la zone euro permettront de rompre le lien ­entre la dette souveraine et les banques. «A long terme, une union bancaire constituera une épine dorsale budgétaire crédible pour faire face à des faillites bancaires», écrivent les auteurs du rapport.

Le FMI n’est pas convaincu du programme de rachat illimité d’obligations par la Banque centrale européenne annoncé en juillet par son président Mario Draghi et dont les détails ont été fournis en septembre. «Ce programme a momentanément rassuré les marchés, mais il fait face à d’importants risques liés à des facteurs politiques et à sa mise en application», expliquent les experts. Pour y avoir accès, les Etats doivent, en contrepartie, faire des efforts accrus d’assainissement de leurs finances publiques.

C’est là que le bât blesse, selon le FMI, qui explique que les pays en difficulté hésitent à solliciter l’aide de la BCE. En tout cas, l’Espagne, dont le taux d’emprunt à dix ans a de nouveau dépassé la barre de 6%, rechigne à faire appel à la BCE. Le FMI fait par ailleurs ressortir que plusieurs pays d’Europe de l’Est restent vulnérables en raison de leur exposition à la zone euro.

Les Etats-Unis et le Japon parviennent certes à attirer des capitaux. Ils sont néanmoins tout autant exposés à des risques à brève échéance. L’économie américaine fait face à plusieurs incertitudes, liées notamment à l’élection présidentielle ainsi qu’à la fin de la «falaise budgétaire», soit la fin des cadeaux fiscaux et une éventuelle coupe des dépenses publiques en décembre 2012. A propos du Japon, le FMI met en garde contre le niveau de déficit élevé et d’endettement sans précédent. Dans les deux cas, il demande des mesures d’assainissement des finances publiques avant que les marchés ne se mettent à exiger des coûts plus élevés de refinancement.

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