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Plusieurs pays de la zone euro souffrent de problèmes croissants, mais la Grèce et l’Espagne sont les maillons faibles. Si la deuxième tranche d’aide à la Grèce a fourni au pays les liquidités nécessaires, elle n’a pas résolu les problèmes structurels. Théoriquement, la Grèce est financée jusqu’à la fin de 2014, mais cela est trompeur. En effet, elle ne reçoit les fonds du FESF que si elle atteint des objectifs stricts. Le gouvernement doit transformer un déficit budgétaire de 2,4% en 2011 en un excédent de 4,5% d’ici à 2014. Cela implique davantage d’austérité et de nouvelles coupes si la croissance n’est pas au rendez-vous. Avec la baisse du moral des ménages et la hausse du chômage, le pays n’a pas encore touché le fond. Compte tenu du manque de compétitivité de ses exportations, la Grèce ne profitera pas de la reprise mondiale. De plus, dans quelle mesure le nouveau gouvernement issu des élections générales en mai voudra respecter les engagements envers l’Union européenne?
L’Espagne est au cœur des préoccupations en raison des montants impliqués. Les marchés sont focalisés sur le pays depuis que le premier ministre, Mariano Rajoy, a annoncé qu’il n’atteindrait pas l’objectif budgétaire. L’Italie a par ailleurs aussi annoncé un résultat décevant. L’envolée des rendements à 10 ans aux alentours de 6% illustre les doutes quant à la volonté de l’Espagne en matière de consolidation budgétaire. L’émission obligataire globalement satisfaisante du 17 avril a démontré que l’Espagne peut encore lever des fonds, mais à un prix élevé. Conjuguée aux mauvais chiffres de l’emploi et de l’immobilier, davantage d’austérité pèsera sur l’économie, qui est déjà retombée en récession au premier trimestre. La grande inconnue concerne la capacité des banques espagnoles à répondre à l’exigence gouvernementale d’augmenter de 50 milliards d’euros les provisions pour crédits immobiliers en détresse. L’accès aux marchés des capitaux est en effet devenu plus difficile.