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L'euro chute encore, des économistes prédisent sa fin

L'euro chute encore, des économistes prédisent sa fin
Par TF1 News (D'après agence) le 07 juin 2010 à 08:00

Alors que la monnaie européenne a glissé sous la barre de 1,19 dollars, et qu'elle est chahutée sur les Bourses asiatiques, des économistes envisagent la disparition dans les cinq ans de la zone euro sous sa forme actuelle.

L'interminable glissade de l'euro se poursuit. Aux premières heures de lundi, la monnaie européenne a plongé à son plus bas niveau depuis quatre ans, entraînant avec elle les places financières en Asie, sur fond d'inquiétudes au sujet de la Hongrie et de chiffres décevants de l'emploi aux Etats-Unis. La première place financière de la région, Tokyo, perdait 4,01% à la mi-séance. Les autres suivaient le même mouvement, Hong Kong abandonnant 2,49%, Séoul 2,68%, Shanghai 1,30% et Sydney 3,05%. Vendredi déjà, les Bourses européennes avaient terminé en fort recul : Londres en baisse de 1,63%, Paris de 2,86%, Francfort de 1,91%, Madrid, Milan et Athènes largement au-delà de 3%, avant qu'à New York, le Dow Jones ne perde 3,16%.

"La peur à propos de la crise de la dette européenne revient nous hanter car les problèmes ne sont pas réglés", explique Daphne Roth, analyste de marché à ABN Amro Private Bank à Singapour, citée par Dow Jones Newswires. Les investisseurs restent marqués par les déclarations alarmistes, jeudi, de hauts responsables du parti au pouvoir en Hongrie à propos de la situation économique du pays, l'un d'eux jugeant que "la Hongrie était dans une situation comparable à celle de la Grèce". Leurs propos ont aiguisé l'inquiétude pour ce pays sous perfusion du FMI, de l'UE et de la Banque mondiale depuis novembre 2008, remettant les problèmes budgétaires européens au centre de l'attention. Budapest devait annoncer ce lundi de nouvelles mesures de rigueur budgétaire.

Juncker "pas inquiet"

Le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a réaffirmé dimanche sa confiance dans l'euro. Bien que "la monnaie apparaisse très affaiblie aux yeux des marchés", en réalité "elle ne l'est pas car nos données fondamentales sont meilleures que celles du Japon et des Etats-Unis", a-t-il jugé sur la chaîne TV5 Monde. Il s'est dit "pas inquiet" face à la situation économique en Hongrie, notant toutefois qu'il "y a eu des propos imprudents de certains dirigeants hongrois". Douze des 25 économistes interrogés par le quotidien britannique Sunday Telegraph ont pourtant jugé que la zone euro n'existerait plus dans sa forme actuelle d'ici cinq ans en raison de la crise financière chez plusieurs de ses membres. Huit seulement estiment qu'elle parviendra à en réchapper sans amputation. Les cinq derniers sont indécis. Et pour deux des huit tablant sur une survie, le prix à payer sera qu'au moins un des Etats-membre fera défaut sur sa dette souveraine.

"Les implications politiques (d'une désintégration de l'euro) auront sans doute des conséquences considérables - les Allemands ne veulent pas payer pour les autres et pourraient bien partir", a relevé David Blanchflower, professeur à l'université américaine de Dartmouth et ex-conseiller de la Banque d'Angleterre. Quatre économistes soutiennent en effet l'hypothèse d'une sortie de l'Allemagne, plutôt qu'un départ des économies en difficultés comme la Grèce.  "La zone euro va perdre trois ou quatre membres - Grèce, Portugal et peut-être Irlande - et pourrait tout aussi bien éclater complètement à cause des tensions grandissantes entre la France et l'Allemagne", a relevé Tim Congdon, de la société de consultants International monetary research. Pour Peter Warburton, de la société Economic Perspectives, l'euro sera dans cinq ans "un refuge pour les faibles, et non une forteresse pour les forts".

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