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L'euro à son plus bas niveau depuis novembre 2008

L'euro à son plus bas niveau depuis novembre 2008

Avec AFP

L'euro à son plus bas niveau depuis novembre 2008

L'euro recommence à chuter malgré le plan d'aide européen © BELPRESS/MAXPPP

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L'euro était sous pression vendredi matin en raison des inquiétudes persistantes sur la santé économique et budgétaire de la zone euro. La monnaie unique a atteint son plus bas niveau depuis novembre 2008, signe que l'effet d'annonce du mégaplan européen s'estompe. Monté lundi à 1,30 dollar après le lancement du plan de soutien d'une ampleur inédite de 750 milliards d'euros destiné aux pays de la zone euro en difficulté, la devise européenne est passée sous la barre de 1,2447 dollar vendredi.

"Les inquiétudes gagnent du terrain", explique Hideaki Inoue, courtier à la Mitsubishi UFJ Trust and Banking Corp. "La remontée de l'euro (après l'annonce du plan) s'est émoussée et certains craignent que tout cela débouche sur une crise du crédit qui ébranlerait tout le système financier", précise-t-il. Une économiste d'une grande banque japonaise n'a pas écarté un repli de l'euro sous la barre de 1,25 dollar mais elle a jugé peu probable qu'il passe sous la barre de 1,23 dollar, franchie fin 2008 après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

Les principaux indices chutent

Les Bourses européennes s'affichaient en net repli. Vers 10 h 40, celle de Paris lâchait 1,85 %. Londres (-1,26 %), Francfort (- 0,57%), Madrid (- 3,50 %), Milan (- 2,56 %), Amsterdam (- 1,26 %) et Athènes (- 2,22 %) reculaient aussi. Principales victimes de l'inquiétude des marchés, les valeurs bancaires souffraient tout particulièrement.

Les analystes de BNP Paribas s'étaient pourtant dit "prudemment optimistes sur le retour à un début de stabilité sur les marchés en Europe" vendredi matin, tout en soulignant que "de vives inquiétudes demeurent" et que "les investisseurs ont besoin d'être davantage convaincus de la volonté des gouvernements à réduire leurs déficits". Sur le marché obligataire, les taux de la dette grecque à dix ans, qui avaient évolué en dents de scie dernièrement, reculaient légèrement, à 7,342 %, contre 7,36 % jeudi soir. Les rendements espagnols et portugais étaient quasiment stables, à respectivement 3,905 % et 4,537 %.

Pourquoi ce soudain retournement de situation, alors que le vaste plan européen de protection de la zone avait suscité l’euphorie des marchés lundi ? Plusieurs analystes ont mis en cause hier le conseiller économique du président Obama. A Londres, lors d’une conférence, Paul Volcker a évoqué « le grand problème de la désintégration possible de l’euro ». Venant de l’ex-président de la Réserve fédérale américaine, ces propos ont eu un effet immédiat sur l’euro, selon ces analystes.
Un mauvais coup pour l’Europe au moment où la confiance retrouvée des investisseurs a recommencé à vaciller sous l’accumulation de désaccords affichés et de rumeurs. Il y a eu le tollé suscité mercredi par l’annonce de la Commission de Bruxelles qui souhaite contrôler a priori les budgets nationaux. Puis le différend, jeudi, entre le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, et son probable successeur et président de la Bundesbank, Axel Weber, qui a critiqué la stratégie de rachat d’obligations d’Etat. Et hier la rumeur d’une sortie de la France de la zone euro.
En fin d’après-midi, une petite phrase du FMI a jeté un peu plus d’huile sur le feu boursier. Selon le Fonds monétaire international, dirigé par Dominique Strauss-Kahn, « les risques financiers se sont accrus dans les pays du G 20 ». Une analyse qui pourrait se traduire par une nouvelle journée noire pour les Bourses et l’Europe lundi.

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