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La divulgation de données précises et nombreuses dans le cadre des stress tests bancaires a un effet pervers. Cette « sur-transparence » permet aux analystes de tester de nombreuses hypothèses, certaines étant très pessimistes. Or les banques résistent beaucoup moins bien aux stress-tests officieux faits par les analystes, qu'à ceux de l'ABE. Pourtant, on peut difficilement blâmer l’ABE, qui ne pouvait pas pour des raisons politiques, tester des hypothèses ultra-contraignantes. Du coup, cet exercice de transparence a l’effet inverse de celui escompté : il ne rassure pas.
Les marchés actions ont donc été lourdement pénalisés depuis deux semaines, l'indice sectoriel des banques européennes a perdu près de 14% depuis le 7 juillet. Mais sur les marchés de taux, les rendements des obligations espagnoles et italiennes atteignent également des niveaux inquiétants. Le taux à 10 ans espagnol dépasse les 6,30% alors que le 10 ans italien flirte de nouveau avec les 6%.
Ces taux sont supérieurs à ceux que paient la Grèce et l'Irlande au FMI. Surtout ils sont de plus en plus proches du fameux niveau fatidique des 7% que l'on considère comme le seuil à partir duquel le poids de la dette devient trop important pour un pays européen. En d'autres termes, si les taux italiens ou espagnols atteignaient ce seuil, le pays ne pourrait plus se financer sur les marchés en émettant des obligations et devrait donc faire appel à l'Union Européenne et au FMI...
C'est que la réaction de certaines autorités de tutelle a laissé les marchés perplexes. La Banque d'Espagne par exemple a déclaré que les banques n'ayant pas passé les stress tests n'auraient pas besoin de renforcer leur fonds propres. Les provisions déjà passées et les obligations convertibles suffiraient... pas de quoi rassurer.
Les gouvernements semblent également incapables de s'entendre sur les modalités d'un plan d'aide à la Grèce. Dans l'urgence on semble se diriger vers une refonte du FESF dont les fonds permettrait de financer une partie des obligations grecques. En d'autres termes, le FESF épongerait une partie des dettes.
Mais avec la contagion à l'Espage et l'Italie, on ne peut plus se contenter de rafistolages. C'est que s'il devait venir en aide à ces 2 pays, on changerait complètement d'échelle. Le FESF devrait alors disposer de 2000Mds € (contre 450Mds € aujourd'hui) et de 3500Mds € de garanties (700Mds € aujourd'hui) ! Des montants pharaoniques qui pourraient faire perdre le statut de AAA à tous les pays européens...
Bref, même si l’Europe a prévu de se réunir jeudi sur la question grecque, la contagion semble désormais trop avancée dans les 2 grands pays méditerranéens pour envisager raisonnablement qu’une issue à la question grecque, ce qui n’est pas encore acquis, soit suffisante pour calmer les marchés à cour terme. C'est une solution globale, durable et claire qu'attendent les marchés financiers...