L’Espagne est sous le coup d’un cocktail de trois maux majeurs :
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une dette de l’État bien plus grave que ce que ne le laissent supposer les 80% du P.I.B. donnés par des statistiques qui s’emmêlent les pinceaux. Comme en France, on peut estimer cette dette bien plus raisonnablement aux environs des 140 à 150% du P.I.B. et en tout cas non seulement irremboursable mais insoutenable.[1] Cette dette de l’État est aggravée par celle des régions espagnoles, qui menace depuis un an de déboucher sur une crise majeure des caisses d’épargne et sur l’effondrement du système bancaire. Celui-ci vit-il ses dernières heures ? A l'origine doté de 9 milliards d'euros, le Fonds de restructuration du système financier (FROB) ne disposerait plus que de 300 millions dans ses réserves. Quant au Fonds de Garantie des Dépôts (FGD), il devra débourser quatre milliards supplémentaires pour recapitaliser Banco de Valencia y Caixa Catalunya (qui seront mises aux enchères ce jeudi 12 avril).
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une bulle immobilière indigeste. La crise de 2008 a laissé sur le carreau des milliers de logements et entraîné une baisse de l’immobilier certes, mais totalement insuffisante pour résorber le marché. Là aussi les banques et caisses régionales sont aux avant-postes.
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une ample récession qui ne laisse aucune marge de manœuvre et qui risque au contraire de s’amplifier encore dans le contexte de l’austérité étrangleuse qu’on n’installe que pour garder la façade vis-à-vis des marchés de capitaux. Avec un chômage qui approche 25% de la population, la situation sociale est évidemment elle aussi très tendue, et les jeunes n’ont qu’une idée en tête : émigrer…
Le cocktail est explosif, mais il va agir dans des circonstances autrement périlleuses que la pantomime grecque de cet hiver.