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L’Histoire de France est le fruit d’une transmission orale. Nos belles légendes ont été transmises de génération en génération bien avant que n’existe une éducation dite nationale. Et ceci pour la simple raison que l’éducation est une prérogative familiale ! Laissons — éventuellement — à l’État le soin de s’occuper de l’instruction ; ça n’a rien à voir.
Or, en refusant désormais d’évoquer des pans entiers de notre histoire nationale — les pans fondateurs, comme par hasard — l’école de la République — née dans un but anticlérical — ne fait rien de nouveau.
Imaginez-vous franchement les enseignants de SUD-Éducation évoquer, la voix tremblante d’émotion, l’Esprit Saint venu sous la forme d’une blanche colombe déposer la Sainte Ampoule dans les mains de Saint Rémi en cette nuit de Noël 496 (ou 498), consacrant ainsi le baptême de Clovis et de son armée… fondant ainsi la France ? Arrêtez de rêver.
Pensez-vous qu’un délégué du SNES-FSU va raconter à nos chères têtes blondes (!) le Sacre rémois de nos rois, cérémonie calquée à la fois sur l’ordination épiscopale et sur la royauté davidique d’Israël ?
Rien de nouveau ici. L’école de la République s’est faite contre la chrétienté. Alors Clovis, Saint Louis, ou même le Roi Très-Chrétien (et très-pécheur) Louis le Grand, ça fait tache quand on considère la mort de Staline comme un désastre.
En gommant la chrétienté, l’école ne peut tout simplement plus enseigner l’Histoire de France puisque, jusqu’en 1789 au moins, celle-ci est identique à celle-là.
Pourtant, je ne vois rien là de bien inquiétant.
Nos traditions, les récits de Grégoire de Tours ou d’Hincmar, la geste de Sainte Jeanne d’Arc, la couronne d’épines du Christ rapportée par Saint Louis, la petite Bernadette de Lourdes ou que sais-je encore… se sont transmis de pères en fils — pardon de « Parent 1 » à « Enfant 1 » — ou même plutôt de grand-mère à petits-enfants.
Je préfère pour mes enfants que l’école ne salisse pas ce qu’il y a de plus beau dans notre Histoire. Je me moque qu’elle leur fasse prendre le thé à la mosquée de Paris et qu’elle fasse l’impasse sur la cathédrale de Chartres. Pourquoi ? Parce que Chartres, Amiens, la nécropole de Saint-Denis, la chapelle royale de Versailles ou les murs millénaires de Solesmes, c’est notre trésor, pas celui de la République.
La République n’est que la forme — actuelle — de l’État. Peu m’en chaut. Le pays réel, c’est celui qui continue depuis que Charette et La Rochejacquelein sont morts au combat et qu’on raconte leur épopée le soir au coin du feu. Le pays réel, c’est celui que j’ai raconté à mes enfants et que vous devez aussi raconter aux vôtres sans plus attendre.
De l’école de la République, il ne restera pas grand-chose, elle qui ne sait même plus enseigner la lecture et le calcul. Mais ce que vous sèmerez portera des fruits.
Alors, bien sûr, il est à regretter que les enfants de l’immigration n’aient pas la chance d’avoir des parents qui leur racontent Suger, Martin ou Clotilde. Mais bon, qui a dit que les privilèges avaient été abolis ?