Grève générale "probable" en Espagne
AFP
21/05/2010 | Mise à jour : 13:25 Réagir
Le secrétaire général du syndicat CCOO, une des principales centrales espagnoles, Ignacio Fernanez Toxo, a estimé aujourd'hui qu'il y aura "probablement" une grève générale contre les mesures d'austérité budgétaire du gouvernement socialiste.
Tout en déclarant qu'il ne le souhaitait pas, il a estimé devant la presse à Alicante (sud-est) que "probablement nous en aurons une". "CCOO travaille déjà comme si ce pays allait vivre une grève générale", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il "dépend du gouvernement qu'elle se matérialise ou non".
Le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a approuvé jeudi soir un décret-loi comportant des mesures d'austérité impopulaires pour tenter d'accélérer la réduction des déficits publics. Les mesures prévoient notamment de baisser les salaires des fonctionnaires d'en moyenne de 5% dès le mois de juin ou encore de geler la revalorisation de certaines retraites en 2011.
Les syndicats ont déjà exprimé leur hostilité à ces mesures, mais n'ont pas appeler à une grève générale, se limitant à soutenir celle que vont observer les fonctionnaires le 8 juin et évoquant une riposte graduée. "Les gens sont tout à fait conscients de ce qui se passe dans le pays, et arriver à un scénario de grève générale est un drame, mais parfois nécessaire", a déclaré M. Toxo, dont la formation est plus offensive que l'autre grande centrale, l'UGT, très proche du gouvernement socialiste.
Zapatero s'est résolu la semaine dernière a annoncer ce tour de vis douloureux, sous la pression des marchés et de ses homologues européens. L'Espagne, avec ses déficits publics à 11,2% du PIB en 2009 et de modestes prévisions de croissance pour les années à venir, fait figure de maillon faible de la zone euro, avec d'autres pays comme le Grèce et le Portugal.
Après avoir dévoilé son plan d'austérité de 15 milliards d'euros, le gouvernement espagnol annonce que la croissance de son PIB ne sera que de 1,3%, cette année contre une précédente estimation de 1,8%.

Voilà une annonce qui devrait enchanter les marchés financiers, vendredi, bien qu'elle était plus ou moins attendue, après que l'Espagne a basculé dans l'austérité. Un avant-goût de ce qui attend les Bourses européennes, vendredi, s'est ressenti à Wall Street qui a perdu près de 4%, jeudi soir, manquant de peu de descendre en-dessous des 10.000 points. Du jamais vu depuis un an !
Contagion greco-portugo espagnole
Le gouvernement espagnol a donc nettement abaissé ce jeudi soir son estimation de croissance pour 2010. Le Produit intérieur brut (PIB) du pays ne devrait ainsi progresser que de 1,3% cette année, contre une précédente estimation de 1,8%.
«Le processus de consolidation fiscal va entraîner une réduction de la prévision de croissance», a expliqué la ministre espagnole de l'Economie et des Finances Elena Salgado. Cette nouvelle prévision tient compte des mesures d'austérité prises par d'autres pays de l'Union européenne, comme la Grèce et le Portugal «qui peuvent également affecter» la croissance espagnole, a-t-elle ajouté.
Taux de chômage supérieur à 20%
Peu avant cette annonce, le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero avait approuvé un décret-loi prévoyant la mise en place de mesures drastiques de réductions des dépenses publiques pour 2010 et 2011, d'un montant total de 15 milliards d'euros. Ces mesures ont pour objectif «d'accélérer le processus» de réduction des déficits publics, qui ont grimpé à 11,2% du PIB l'an passé.
Ces nouvelles mesures auront une «incidence sociale évidente», a reconnu le chef du gouvernement, confronté un taux de chômage supérieur à 20% de la population active.