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Créé le 13-02-2012 à 16h54 - Mis à jour le 14-02-2012 à 07h06

la rue se soulève en Grèce. Quelque 100.000 personnes ont manifesté dimanche 12 février contre le nouveau plan de rigueur voté par les députés. Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie politique au King's College de Londres, spécialiste de la Grèce, analyse ce véritable traumatisme social.
- Je crois qu'on a atteint un point de rupture. La situation sociale du pays est unique en Europe occidentale dans l'histoire de l'après-guerre. La réalité grecque ne peut se comparer qu'avec la grande dépression des années 30, que ce soit par l'ampleur de la récession ou le taux de chômage. Près de 30% de la population a basculé en dessous du seuil de pauvreté.
Les rues d'Athènes et des grandes villes sont complètement méconnaissables. Nombre de magasins ont fermé leur porte au cours des deux dernières années. La population est à bout. Les pertes de revenus et de salaires sont trop importantes, d'abord dans la fonction publique mais aussi dans le privé. Les nouvelles taxes sont un véritable matraquage. Pour une majorité de la société grecque, on a plongé dans l'abîme.
Ce qui se désintègre également en Grèce, c'est l'Etat, les services publics les plus élémentaires. Les manuels scolaires n'ont pas été distribués cette année. La situation sanitaire est absolument catastrophique. Les hôpitaux manquent de tout, y compris de médicaments. Ce sont des conditions du tiers monde. Athènes et les grandes villes grecques ressemblent de moins en moins à des villes européennes, et de plus en plus à des cités sinistrées du grand sud.