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FUKUSHIMA (suite30) La zone d'exclusion radioactive

FUKUSHIMA (suite30) La zone d'exclusion radioactive

Dimanche 10 avril. Grâce aux images http://www.youtube.com/watch?v=yp9iJ3pPuL8 enregistrées le 3 avril par le journaliste Tetsuo Jimbo, qui s’est rendu dans la zone contaminée (jusqu’à 1,5 km de la centrale de Fukushima), la région d’abord frappée par le séisme puis le tsunami, ensuite par les retombées radioactives, commence à devenir une réalité visualisable par le reste du monde. Chiens abandonnés, vaches qui traversent les routes, jardins et maisons vides. La zone et ses routes parfois effondrées en évoqueraient presque certains récits de science-fiction - la voiture du reporter croise des camions, où les conducteurs sont habillés de vêtements anti-radiations et portent des masques. Mais en réalité, c’est le quotidien de la zone évacuée qui commence à prendre corps sous nos yeux.  

Par ailleurs, des cartes des mesures de radioactivité faites par avion (262 heures de vol) et à partir de données au sol (100 000 mesures en tout) qui sont publiées par le ministère de l’énergie américain (DoE), précisent l’évolution de la situation http://www.slideshare.net/energy/radiation-monitoring-data-from-fukushima-area-04072011?from=ss_embed

 

A observer en particulier, la quatrième image du Power Point posté le 7 avril (pour la période du 30 mars au 3 avril) qui montre la zone la plus radioactive allant de la centrale (en rouge) vers le nord-ouest (en orange sur la carte). Entre 5 et 10 km de large, elle correspond à une zone où la radioactivité atteint 2,7 à 12,5 millirems* par heure. Autrement dit entre 30 fois et 176 fois la dose « normale » américaine, qui est de 0,071 mrem/h (soit 620 rems par an).

On peut noter qu’elle s’étend au-delà de la zone d’exclusion, jusqu’à une quarantaine de km de la centrale.

On peut la comparer aux enregistrements du 25 mars, où cette zone était alors en rouge, autrement dit montrait une activité plus forte, au-delà de 12,5 mrem/h (au-delà de 176 fois la normale)

Quant à la zone bien plus large indiquée en vert (0,25 à 1,19 mrem/h pendant la période du 30 mars au 3 avril), elle correspond à 3 à 16 fois la mesure « normale » américaine.

 

Selon le commentaire de l’administration américaine en charge de la sécurité nucléaire (National nuclear security administration) et le ministère de l’énergie (DoE), la « décroissance rapide indique que l’iode est l’élément le plus significatif [en ce qui concerne la présence de radioactivité] ». Rappelons que cet élément volatil, rejeté lors des dépressurisations effectuées sur les réacteurs (en particulier dans la première semaine de la catastrophe)  a une demi-vie de 8 jours (au bout de huit jours, il y a deux fois moins d’élément radioactif, au bout de 16 jours, quatre fois moins et ainsi de suite…).

Par ailleurs, « il n’y a pas eu de dépôt mesurable de plus d’éléments radioactifs depuis le 19 mars ».

Le DoE et la NNSA font remarquer par ailleurs qu’il faudra « surveiller l’agriculture et possiblement intervenir sur plusieurs centaines de km2 autour de la centrale ». Autrement dit prendre des échantillons du sol et de l’air pour mettre au point les contremesures nécessaires en termes agricoles.

 

 

*La mesure en rems (roentgen equivalent in man, du nom du physicien Wilhelm Roentgen, qui découvrit les rayons X) est une ancienne formulation, qui persiste malgré la mesure en Sieverts (unités du Système international de mesure), désormais plus courante. 1 Sv = 100 rems 

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