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Le Point.fr - Publié le 10/09/2011 à 10:26 - Modifié le 10/09/2011 à 11:32
Hiroshi Motoki retient son souffle. Devant lui, 300 000 mètres carrés de rizières vert foncé sont prêts à la récolte, à Iwaki, à 34 kilomètres seulement de la centrale de Fukushima-Daiichi. D'ici à deux semaines, ce jeune fermier entrepreneur saura si le niveau de radiation de son riz le forcera à changer d'activité. "Nous allons conduire des tests via des instituts indépendants, car la population n'a pas confiance en ceux du gouvernement." En un trait, Hiroshi, 35 ans, résume le dilemme des agriculteurs de la région comme la peur rentrée des consommateurs de tout l'archipel.
Depuis la catastrophe nucléaire, la crainte d'une contamination radioactive de la chaîne alimentaire hante les esprits, mais reste un sujet tabou. Officiellement, la situation est sous contrôle, les autorités ayant interdit les récoltes dans la zone des 20 kilomètres autour de la centrale ainsi que la pêche et les produits les plus sensibles, tels les champignons, en provenance de la province de Fukushima. "J'ai confiance dans le gouvernement. J'ai même dit à ma femme d'acheter des produits de là-bas par solidarité", déclare Orii Syoichi, 68 ans, ingénieur retraité chez Tepco.
"Cette catastrophe est notre responsabilité"
Mais derrière les déclarations officielles, les parents s'inquiètent pour l'alimentation de leurs enfants et prennent des mesures. Ils surveillent l'étiquetage des produits, choisissent ceux qui sont en provenance du sud de l'archipel, en toute discrétion. Car au pays du Soleil-Levant, mettre publiquement en question les autorités est mal vu. "Bien sûr, je m'inquiète de l'effet des radiations sur l'alimentation de ma famille", concède Inouhé, employé de bureau croisé sur la place Shimbashi, au coeur de la capitale. "Mais nous sommes nés au Japon, cette catastrophe est notre responsabilité, nous ne devons pas nous plaindre", ajoute ce père de famille de 36 ans.
Une attitude qui fait exploser certains résidents étrangers, pourtant installés de longue date. "Il faut raconter au monde ce qui se passe !" éclate cette mère de famille française mariée à un Japonais. "Les médias n'osent rien dire, c'est la culture de l'Ijime", explique cette universitaire qui va placer ses enfants à l'école française, car elle n'a plus confiance dans la nourriture donnée à ses enfants dans les cantines japonaises. Dans la culture nippone, l'Ijime fait référence aux brimades qui attendent l'individu qui ose sortir du rang.
La récolte du riz, attendue ce mois-ci, pourrait être un détonateur en cas de découverte de hauts niveaux de radiation, tant ce produit est symbolique pour les Japonais. "Mon pays est devenu le cobaye de l'humanité, pour évaluer l'impact des radiations sur la santé humaine", concède avec fierté, Syoichi.
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Selon la presse nippone, le total des substance radioactives rejetées en mer serait trois fois plus important que ne l'estimait Tepco, l'opérateur de la centrale de Fukushima accidentée en mars dernier.
C'est une nouvelle préoccupante mais pas si étonnante que cela qu'a annoncée aujourd'hui la presse nippone. Selon les chercheurs japonais, les rejets en mer provoqués par l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima entre mars et avril seraient trois plus importants que ce qu'avait estimé son opérateur Tokyo Electric Power (Tepco).
En effet, les bâtiments des réacteurs, qui ont été arrosés massivement pour être refroidis, ont laissé échapper d'importantes quantités d'eau contaminée par les voies souterraines, tandis que des émissions radioactives ont accompagné les explosions d'hydrogène qui se sont produites dans plusieurs bâtiments de réacteurs durant les premiers jours suivant le désastre survenu le 11 mars, rapporte l'AFP. Des particules radioactives sont alors arrivées en mer par divers canaux, tandis que les autres, rejetées dans l'atmosphère, sont également retombées dans l'océan.
Ainsi, début avril, les prélèvements effectués en mer avaient estimé les rejets à 4.700 térabecquerels d'iode et césium radioactifs. Mais une équipe de chercheurs, dirigée par Takuya Kobayashi de l'Agence japonaise de l'Energie atomique, a décidé de réaliser de nouvelles estimations, fondées cette fois-ci sur d'autres données, provenant notamment d'échantillons d'eau de mer pris entre le 21 mars et le 30 avril. Selon les résultats obtenus, la quantité d'éléments radioactifs dispersés dans l'océan Pacifique atteindrait en vérité les 15.000 térabecquerels, laissant craindre une contamination bien plus importante que ce que Tepco n'a laissé entendre.source