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par (son site) samedi 20 août 2011
(...)Pourtant, ces mêmes allemands qui ne tarissent pas de critiques envers les grecs ou les portugais et leurs gouvernements laxistes taxés de ne pas assez payer d’impôts, de ne pas travailler assez dur ou de se la « couler douce » en profitant de prêts fort avantageux consentis pas les banques du Nord, ces allemands devraient sérieusement revenir à la réalité et saisir les schémas de fonctionnement de leur modèle à l’exportation. L’attitude allemande n’est-elle pas déconcertante alors même que ses propres comptes ne sont précisément excédentaires que par la grâce de ces nations qualifiées de dépensières et vivant au-dessus de leurs moyens ? La balance commerciale de l’Union par rapport au reste du monde étant plus ou moins équilibrée – c’est-à-dire qu’elle exporte hors de son territoire autant que ce qu’elle en importe – et l’Allemagne étant de très loin le principal exportateur européen, cette situation n’est rendue possible qu’à la faveur d’une solide demande intérieure émanant des autres pays européens qui, si elle devait décliner sérieusement, menacerait dangereusement les intérêts allemands. Comment ces nations indisciplinées seraient-elles en mesure de réduire leurs déficits massifs – et donc de forcément modérer leur fièvre dépensière – dans une conjoncture où le partenaire commercial dominant (l’Allemagne) se doit de continuer à enfler ses excédents sans pouvoir compter sur un Euro qu’il n’est pas capable de dévaluer sur les marchés internationaux ?
L’Allemagne est ainsi un des passagers de ce paquebot qui chavire – passager de première classe certes – mais qui sera affecté comme tous les autres par la coulée à pic du projet européen… L’Union et les technocrates qui la dirigent en sont néanmoins toujours au stade du déni en dépit de mesures d’austérité imposées à des populations meurtries qui exacerbent encore et toujours plus les déficits tout en parachevant la fracture politique du continent. Ainsi et malgré le stade très avancé de la maladie, voire la situation moribonde de l’Union, les dirigeants européens et nationaux font toujours preuve d’une absence pitoyable et de volonté politique et d’inventivité conceptuelle pour sauver l’Euro. Et pour cause puisque le pays le plus riche de cette Union est comme tétanisé et que ses dirigeants sont systématiquement en retard d’une bataille par rapport aux évènements. Sans oublier bien-sûr leurs sempiternelles admonestations en direction des peuples et des gouvernements du « Club Med » et leur rejet catégorique et sans appel de toute innovation qui pourrait permettre à ces pays de respirer un peu mieux (et de stabiliser les marchés) comme l’augmentation du Fonds de Stabilité ou la mise en place des « eurobonds »…
Il est donc plus que probable que l’Allemagne se retirera prochainement de l’Union monétaire, croyant ainsi sauver son économie et conforter ses citoyens industrieux, tout en cherchant à recapitaliser ses banques. Elle attirera vraisemblablement dans son orbite les pays du Benelux et l’Autriche et sera ainsi à même de reconstituer un bloc autour d’un deutschemark tout puissant qui rachètera à bon marché le reste des actifs européens. Une sorte d’ « anschluss” économique.
voir aussi Asselineau : c'est l'Allemagne qui provoquera la sortie de l'Euro