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Selon deux analystes de Bank of America Merrill Lynch, les investisseurs oublient d'analyser les avantages que certains pays retireraient d'une fin de l'euro. Ce sont l'Italie et l'Irlande qui auraient le plus à gagner, et l'Allemagne le plus à perdre.
A l'aide de quatre critères, deux analystes de Bank of America Merrill Lynch, David Woo et Athanasios Vamvakidis, ont classé les pays de la zone euro selon les bénéfices qu'ils retireraient d'une fin de l'euro.
Ces quatre critères sont :
Les gouvernements avec les déficits publics les plus grands seraient les premiers à souffrir de leur sortie de l'euro. Grâce à leur excédents primaires (avant paiement des intérêts de la dette), l’Allemagne et l’Italie résisteraient donc mieux que les autres à une sortie de l'euro.
Le retour des monnaies nationales permettrait à l’Italie et l’Irlande d’être plus compétitif, grâce à un change favorable, entraînant une augmentation respective du PIB de 3% et 7% respectivement.
En revanche, l’Allemagne, très dépendante de ses exportations, serait immédiatement pénalisée par un mark fort, dont l'impact négatif est estimé à 7% de son PIB.
Une sortie de l'euro permettrait également à certains pays de bénéficier de taux d’emprunt à 10 ans beaucoup plus bas, grâce à une souveraineté monétaire retrouvée.
Le gouvernement grec économiserait sur ses intérêts l'équivalent de 37% du PIB du pays, loin devant le Portugal (6,38% du PIB). A 0,61% du PIB, les économies du gouvernement allemand seraient minimes. Quant au gouvernement français, le retour au franc ne changerait rien à ses taux d’emprunt.
En cas de sortie de la zone euro, les dettes privées et publiques vis-à-vis des autres pays seraient alors converties en monnaie nationale, au grand bénéfice des emprunteurs, et au détriment de leurs créditeurs.

Avec une dette extérieure équivalente à 17 fois son PIB, l’Irlande serait la grande gagnant.
Toute l'attention des opérateurs s'est concentrée sur le cas de la Grèce, mais il s'avère que ce sont l’Italie et l’Irlande qui ont le plus grand intérêt relatif à sortir de l'euro. C'est l'Italie qui a le plus de chance de sortir de l'euro de manière ordonnée et qui bénéficierait le plus des gains de compétitivité. Parmi les pays de la périphérie de la zone euro, c'est l'Espagne qui le moins à gagner à sortir de l'euro.
Bien que l’Allemagne soit la mieux placée pour une sortie ordonnée de la zone euro, c'est aussi celle qui a le plus à y perdre, selon l'étude, avec une croissance économique moindre, des taux d'emprunts plus élevés et des effets négatifs sur sa balance des paiements. L'Autriche, la Finlande et la Belgique non plus n'ont pas grand chose à gagner à sortir de l'euro.
Jérémy Lemière
Source : Game Theory and Euro Breakup Risk Premium, Bank of America Merill Lynch.