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Les Bourses européennes ont fini, hier, dans le rouge. L’incertitude liée à Dubaï, mais également le spectre de nouveaux Etats, dont la Grèce, en incapacité de paiements, inquiètent le monde.
Hier, les deux Bourses du Golfe – Dubaï et Abu Dhabi – ont rouvert, après cinq jours d’interruption liée aux fêtes de l’Aïd al-Adha, en commémoration du sacrifice d’Abraham. Les marchés internationaux ont observé avec attention cette reprise des transactions au Moyen-Orient, non pas en raison de leur importance en volume mondial, mais bien davantage pour la portée symbolique de ces deux places financières.
Bourses du Golfe en chute
Après cinq jours de silence, se sont interrogés les investisseurs, faisaient-elles encore confiance en leurs propres ressources intérieures pour venir à la rescousse de Dubai World, conglomérat immobilier d’Etat aux prises avec une dette 60 milliards de dollars? Allaient-elles faire confiance à la Banque centrale des Emirats arabes unis qui, dimanche, a annoncé sa mise à disposition de liquidités supplémentaires pour consolider le système bancaire régional?
Hier, à ces deux questions, la réponse a été négative. La Bourse de Dubaï et celle d’Abu Dhabi ont plongé, respectivement de 7,3% et de 8,3%. Les valeurs immobilières ont carrément bu la tasse, avec des chutes oscillant entre les 9 et 10%. Et pour cause.
La Grèce sans soutien
Hier, le gouvernement de Dubaï a déclaré son refus de se porter garant des dettes de sa filiale, Dubai World: «Certes, le gouvernement est le propriétaire de Dubai World, a ainsi affirmé Abdel Rahman al-Saleh, directeur du Département financier de Dubaï. Mais, étant donné que cette société a plusieurs activités exposées à tous genres de risques, la décision a été prise, dès sa création, qu’elle ne serait pas garantie par l’Etat.»
Pis: il est question, désormais, de suspendre le courtage d’obligations des entreprises de Dubaï. Résultat des courses: toutes les Bourses européennes, y compris le SMI, ont perdu hier à nouveau entre 1 et 2%.
Mais que l’on ne s’y trompe pas: l’inquiétude qui refait surface avec ce moratoire de six mois, demandé par Dubai World, n’est que la pointe émergée de l’iceberg. Car, désormais, les investisseurs s’inquiètent pour la santé des «PIGS». Retenez bien ce nouveau sigle. Les «PIGS» représentent le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne, autant de pays où la dette publique est si lourde qu’ils pourraient, eux aussi, devoir exiger un moratoire des remboursements. Et le premier Etat européen défaillant pourrait être, selon les experts, la Grèce. Quelques chiffres: en 2009, le déficit budgétaire atteindra 12,7% du produit intérieur brut (PIB), soit quatre fois plus que ce qu’autorisent les critères de Maastricht (3% du PIB). Selon la Deutsche Bank, la dette publique grecque s’élèverait à 135% du PIB, soit, une fois de plus, le double autorisé par Maastricht (60%). Enfin, la dette publique et privée, face à des créanciers étrangers, a déjà atteint près de 150% du PIB.
Il y a quelques semaines, peu avant les élections européennes, le ministre allemand de l’Economie, Peer Steinbrück, avait déclaré: «Si Athènes devait se trouver en difficulté, l’Europe interviendrait.» Depuis, silence radio. La Grèce se retrouve aujourd’hui comme Dubaï: sans le secours de ses pairs, la faillite est proche…
Source: 24heures(Suisse)