Information alternative
15 octobre 2011 -
Une semaine après l'agence de notation Fitch, Standard and Poor's a abaissé à son tour d'un cran la note de l'Espagne. Exemple de la crise qui touche le pays: la Catalogne. Cette région-modèle croule aujourd'hui sous les dettes.
Pas de prime de Noël pour 350hauts fonctionnaires, mise en vente de 26 bâtiments dont les très symboliques Bourse de Barcelone et centre des impôts régional: la Catalogne est au régime sec. La Catalogne n'a plus le choix, croulant sous une dette de 38,5milliards d'euros à la fin juin. Son déficit devrait atteindre 2,66% du PIB d'ici à la fin 2011, le double du plafond fixé par le gouvernement espagnol (1,3%). Pendant des années, cette région du nord-est a pourtant été le moteur de la croissance de l'Espagne. Mais en 2009, pour la première fois de l'histoire, l'éternelle rivale Madrid l'a dépassée en poids dans le PIB national. Et pour 2010, la tendance se confirme. Depuis 2000, «la progression des secteurs de la construction et financier à Madrid a été plus importante, ce qui a fait que sa croissance a été plus forte qu'en Catalogne», explique-t-il. En outre, face à la crise, la région catalane, dont le tissu industriel est surtout constitué de PME, semble avoir plus souffert. Et pendant que ses revenus baissaient, la Catalogne a été victime de la même erreur que la plupart des régions espagnoles. Elles ont bien profité de la bulle immobilière et de ses juteux revenus, mais n'ont pas su stopper leurs dépenses à temps quand cette bulle a éclaté. D'où le creusement de sa dette et de son déficit, mais aussi ses problèmes de liquidité à court terme.
Des taux d'intérêt exorbitants
Faute de liquidités, la semaine dernière la région annonçait que, les deux prochains mois, elle ne paierait que la moitié des aides prévues aux centres pour retraités et personnes handicapées. Elle compte aussi emprunter directement auprès des habitants. Un système qui se paie très cher: 4,75% à 5,25%, selon les obligations, plus une commission d'environ 2% aux banques les distribuant. Des taux exorbitants face à la moyenne du marché espagnol (2,58% selon la Banque d'Espagne). Ce qui n'empêche pas la région, dirigée par le parti nationaliste CiU, de toujours promouvoir son identité: comme l'a révélé ElPais, les aides pour diffuser la culture catalane à l'étranger ont été récemment doublées, passant de 700.000 à 1,4million d'euros.