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A Beer-Sheva, dans le Néguev, les soldats israéliens sont habitués à retenir les migrants subsahariens qui, après avoir franchi la frontière avec l’Egypte, viennent «tenter leur chance» dans l’Etat hébreu, où ils ne sont pas les bienvenus. (Uriel Sinai/Getty Images Europe)

Le gouvernement Netanyahou vient de faire passer une loi jugée «monstrueuse» par ses rares opposants. Elle permet de barricader le pays contre ses «ennemis» et de prendre toute disposition utile contre les migrants subsahariens. Comme de les incarcérer de force dans un futur pénitencier perdu au milieu du désert du Néguev
En plein milieu du désert du Néguev, le pénitencier de Ketziot est un des lieux de souffrance les plus connus du cursus palestinien. C’est là que des dizaines de milliers d’habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza ont été enfermés dans des tentes durant la première Intifada. Puis dans des bâtiments en dur durant la deuxième. Plusieurs milliers y sont d’ailleurs encore enfermés dans des conditions qualifiées de «difficiles».
Le site de Ketziot est inhospitalier. On ne s’en approche pas facilement, et toute photographie y est interdite puisqu’il s’agit d’une zone militaire. Le long de la route menant à cette prison, la signalisation est quasiment inexistante. Pourtant, d’ici à quelques mois, cette plaine ocre et brune accueillera le plus grand centre de détention du monde. Une véritable ville-pénitencier s’étendant sur 100 hectares et réservée aux immigrants africains s’infiltrant en Israël après avoir traversé le désert du Sinaï (Egypte) avec l’aide de passeurs bédouins.
Dans une première phase, la nouvelle prison, que les autorités israéliennes décrivent comme une institution «modèle», accueillera 3000 détenus. Mais au fil des mois et des progrès du chantier, sa capacité sera portée à 8000 puis à 11 000 personnes. Jusqu’à 50 000 si nécessaire.
Certes, pour l’heure, à part quelques véhicules de service rendus brûlants par le soleil, on ne voit pas encore grand-chose. Mais le gros des travaux va débuter rapidement. Selon les plans dressés par un célèbre cabinet d’architecte, le camp comptera plusieurs dispensaires médicaux, des terrains de sport ainsi que des classes et des lieux de culte.
A en croire le porte-parole du Ministère israélien de la défense (MOD), chaque détenu y disposera d’un espace personnel de 4,5 mètres carrés. En outre, une ou plusieurs ailes seront réservées à des familles dont les membres seront enfermés ensemble. Enfin, étant donné la proximité de la bande de Gaza, des abris anti-roquettes seront également ouverts 24 heures sur 24 lorsque le besoin s’en fera sentir.