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L'opposition à Hosni Moubarak est un ensemble hétéroclite de partis laïques, d'islamistes et d'organisations issues de la société civile. Problème : aucun de ses dirigeants ne semble capable de fédérer le peuple derrière lui et de combler le vide politique en cas de chute du pouvoir en place.
Trois scénarios se dessinent pour la suite des événements en Egypte. Tout d'abord, Hosni Moubarak ne lâche rien face à la contestation, qui finit par s'étioler, soit pacifiquement soit après l'usage de la force. Deuxième solution : Hosni Moubarak passe le pouvoir à son nouveau vice-président, Omar Souleimane, qui se charge d'assurer la transition avec l'armée en soutien jusqu'à la présidentielle, prévue en septembre prochaine et à laquelle il sera probablement lui-même candidat.
Enfin, troisième scénario envisageable : le régime du Parti national démocrate (PND), la formation d'Hosni Moubarak, tombe et l'opposition prend le pouvoir. Reste donc à savoir quelle opposition. Pour l'instant, ses différentes composantes, assez éclatées et qui n'ont rien à voir entre elles à part la détestation du régime, se sont réunies dans un "comité". Ce comité n'a qu'une seule revendication : le départ du président, en poste depuis 1981.
Cette opposition se divise en fait en trois branches :
- Les partis laïques et légaux.
Ils sont une vingtaine. La plupart n'ont qu'une très faible audience et une représentation parlementaire limitée à une quinzaine de sièges au total sur les 518 de l'Assemblée. Le plus important est le Nouveau Wafd, créé en 1978 en s'inspirant du Wafd fondé au début du XXe siècle, qui fut longtemps le grand parti nationaliste du pays. Il est considéré comme centriste. Ensuite vient le parti al-Ghad créé par l'opposant Ayman Nour, qui s'était présenté contre le président Hosni Moubarak à la présidentielle de 2005. Plusieurs formations se réclament enfin de la gauche socialiste ou de l'héritage du président Nasser.
- Les islamistes.
Ils sont dominés par le mouvement des Frères musulmans, créé en 1928 par Hassan al-Banna. La confrérie est officiellement interdite et n'est pas un parti politique puisque la constitution n'autorise pas les partis constitués sur une base confessionnelle. Les Frères musulmans, cibles de fréquentes arrestations, sont toutefois tolérés dans les faits et très présents dans de nombreuses institutions caritatives ou syndicales
Considérés comme le mouvement d'opposition le mieux implanté et organisé, ils avaient raflé 88 sièges de députés, soit 20%, lors des législatives de 2005. Leur représentation parlementaire a toutefois disparu lors des élections de novembre/décembre 2010. La confrérie, qui n'a eu aucun siège au premier tour, a boycotté le second en dénonçant des fraudes de la part du pouvoir.
Dans un premier temps, les Frères musulmans sont restés discrets officiellement, tout en agissant en coulisses. Ils demandent désormais le départ du président. Ce sont eux qui ont le plus à gagner d'un changement de régime.
- Les mouvements issus de la société civile.
Ils comprennent notamment l'Association nationale pour le changement du prix Nobel de la Paix et ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei. Cette formation se veut une structure souple pour des personnalités ou mouvements de toutes sortes réclamant des réformes démocratiques. Problème : Mohamed ElBaradei n'a que très peu de partisans pour l'instant. Et il est relativement peu connu des Egyptiens, puisqu'il a fait la majeure partie de sa carrière à l'étranger.
On y classe aussi le Mouvement des jeunes du 6 avril, dont le nom s'inspire d'une révolte ouvrière dans le delta du Nil en avril 2008. Le groupe est essentiellement présent sur internet, notamment via Facebook. C'est lui qui a lancé les premières manifestations la semaine dernière.