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Mercredi 24 août 2011

Le NP, un perturbateur hormonal
En fait, une fois utilisés dans la chaine de production, les NPEs se retrouvent dans les eaux usées (même les processus de retraitement, s'ils existent dans les pays de production, ne sont pas capables d'éliminer totalement toutes les traces de NPEs) où ils se transforment en NPs. Au final, ce pertubateur hormonal va donc contaminer les milieux aquatiques dans leur ensemble : le NP est connu pour s'accumuler dans les tissus des poissons et autres organismes marins et ainsi se retrouver dans la chaine alimentaire. Le rapport de Greenpeace souligne que des études ont mis en évidence la présence de NP dans des tissus humains.
Très récemment, le NP et les NPEs ont été inclus à la liste des substances chimiques toxiques sévèrement restreintes lors de l'import et de l'export en Chine, bien que leur manufacture, leur utilisation et leur libération, ne soient pas régulés... mais la Chine n'est pas le seul pays où sont fabriqués les vêtements de ces marques : Indonésie, Turquie, Bangladesh, Vietnam, Malaisie, Cambodge... Ainsi, loin d'être un problème sino-chinois, "les problèmes et solutions ne sont pas locaux. C'est réellement un problème global", insiste le rapport.
Une pollution des milieux aquatiques
Ainsi, même si les niveaux de NPEs détectés sur les vêtements testés sont relativement faibles, "le volume total de vêtements vendus et lavés par la suite font que les quantités totales libérées (ndlr : de NPEs) sont, elles, substantielles" peut-on lire dans le rapport.
De précédentes études avaient d'ailleurs mis en évidence la présence de perturbateurs endocriniens ainsi que des composés perfluorés dans certaines eaux chinoises et notamment dans les poissons du Delta de la rivière Yangtze.
Il y a donc deux voies de contamination des milieux aquatiques par le NP : directement, lors de la production des vêtements (si les NPEs sont utilisés bien sûr) et indirectement, par le lavage de vêtements portants des traces de NPE.
Après la publication du premier rapport Dirty Laundry, en juillet 2011, Puma et Nike se sont engagés à éliminer toutes les substances chimiques dangereuses de leurs chaines d'approvisionnement d'ici à 2020.
Si l'association de défense de l'environnement salue ces engagements, elle appelle toutes les autres marques à, elles aussi, éliminer toute libération de produits chimiques dangereux de leurs chaines de production et de leurs produits, mais surtout "de passer de la parole au geste via des actions concrètes pour un monde sans produits toxiques".
Emeline Dufour
Source : Rapport "Dirty Laundry 2 : Hung Out to dry - Unravelling the toxical trail from pipes to products", Greenpeace, août 2011