Hier soir, Arte devait diffuser La Cité du mâle, un documentaire réalisé par Cathy Sanchez dans le cadre d’une soirée intitulée « Femmes : pourquoi tant de haine ? ». La programmation a été annulée au dernier moment par la chaîne : certains protagonistes se seraient sentis en danger. Dans ce film, la réalisatrice revient à la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) où Sohane avait été brûlée vive en 2002.
Un débat devait suivre le documentaire, avec Malika Sorel, auteure du Puzzle de l’intégration et membre du Haut Conseil à l’intégration, et Serap Cileli, auteure de Nous sommes vos filles, pas votre honneur et fondatrice d’une association pour les droits de l’homme et l’intégration en Allemagne. On peut le visionner ici. Passionnant. On appréciera le parler vrai de ces deux femmes qui osent se rebeller face aux archaïsmes de leur tradition d’origine, mais aussi attaquer de front les politiques responsables des dérives du multiculturalisme.
Rue89 a eu la bonne idée de faire visionner le film à des jeunes lycéens de Vitry-sur-Seine. Et nous propose à cette occasion trois extraits du documentaire - provisoirement - déprogrammé.
Dans ce 1er extrait, Okito, tout juste majeur, donne sa vision d’une "fille bien", et, a contrario, d’une "pute", d’une "chienne" :
Dans ce 2e extrait, Rachid, 25 ans, affirme que si sa sœur n’est pas rentrée chez eux « une heure, une heure et demie après son travail », « il la menotte », la fracasse. Sa sœur a 28 ans.
Dernier extrait : un ancien habitant de cité, homosexuel (et donc flouté : trop dangereux d’être homo dans la cité), nous dit ce qu’est être un jeune de banlieue. Romantisme interdit !
A travers ces portraits, on voit se dessiner un monde, un monde parallèle à celui des gens vivants hors les murs de la cité, avec des valeurs presque opposées à celle de la majorité. Assez préoccupant. Effrayant même parfois. Les hommes peuvent-ils voir les femmes autrement que comme des "putes" ou des "soumises" dans ces quartiers ?
Deux autres extraits du documentaire sont accessibles sur le site d’Arte. On y entend notamment Chahrazad, brûlée à 60 % par son ex-petit ami, et maintenue plus de six semaines dans un coma artificiel.