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Confiscation de l'or : un remake de 1933 est-il possible ?
A événements exceptionnels, mesures exceptionnelles
Alors que les outils les plus invraisemblables ont été utilisés pour éviter un effondrement du système financier, et que la tempête s'est maintenant calmée sur ce front, de plus en plus de voix se demandent comment les Etats-Unis vont parvenir à limiter la casse pour les générations futures.
Augmenter les impôts n'est jamais très populaire, surtout en période de reprise, et réduire les dépenses est à l'inverse de la logique actuelle de relance gouvernementale (qui se chiffre en milliards de dollars).
Il faut donc trouver autre chose
Plusieurs solutions alternatives existent pour renflouer les caisses de l'Etat. Aujourd'hui, deux en particulier font l'objet de vifs débats. Le premier est assez classique : laisser le dollar s'effondrer face à ses principaux partenaires commerciaux.
Laisser filer le dollar ?
Suivant ce scénario, trois effets bénéfiques en découlent pour les Etats-Unis :
1) les exportations deviennent plus compétitives, ce qui permet de relancer la machine industrielle ;
2) les importations deviennent plus chères, poussant ainsi les Américains à consommer davantage américain et non européen ou chinois ; et, finalement ;
3) les sociétés américaines actives à l'international voient leur bénéfice consolidé s'accroître lorsqu'elles rapatrient leurs profits générés hors des Etats-Unis (un million d'euros vaudra plus qu'avant, si le dollar baisse).
Washington pointé du doigt
Comme vous l'avez constaté depuis la mi-mars, le billet vert s'est fortement déprécié contre l'euro, passant grosso modo de 1,25 dollar pour un euro à plus de 1,50 début décembre. Une chute d'une telle ampleur (20%) en seulement neuf mois, surtout entre les deux principales monnaies mondiales, a amené de nombreux observateurs à pointer du doigt les méthodes conservatrices -- ou nationalistes, c'est selon -- de Washington.
Tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes
Malgré les critiques, l'objectif a été atteint. Le secteur des exportations a bénéficié d'une relance divine grâce à la chute du dollar et les sociétés cotées à Wall Street afficheront des résultats supérieurs aux attentes. Le gouvernement américain ne peut, évidemment, que s'en féliciter : les bénéfices et la consommation domestique génèrent des rentrées fiscales. Tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes.
Enfin, presque tout le monde
Les Européens ont tellement fait la soupe à la grimace -- car l'effet est évidemment inverse pour notre cher Vieux Continent -- que les Etats-Unis ont été d'accord de lâcher du lest. Il ne fallait quand même pas trop exagérer. Donc, depuis début décembre, la tendance s'est inversée. Aux alentours de Noël, l'euro ne valait plus que 1,43 dollar.
Pour renflouer les caisses de l'Etat, il faut donc trouver une deuxième solution alternative. D'où l'idée qui fait son chemin : reproduire la stratégie de Roosevelt de 1933. Puisque l'on parle depuis maintenant plus d'une année d'un nouveau "New Deal" à la sauce Obama, replongeons gaiement dans les cahiers d'histoire. Notamment sur un point crucial, mais souvent oublié : la fameuse ordonnance présidentielle 6102, plus connu sous le terme de "confiscation de l'or".
Le 5 avril 1933, en pleine Grande Dépression...
... le président Franklin D. Roosevelt signa un ordre exécutif pour exiger, dans les quatre semaines, la restitution de l'ensemble de l'or détenu par les résidents américains. Toute détention de pièces d'or, de lingots ou de titres rattachés à de l'or était tout simplement devenue interdite à partir du 1er mai de cette année.
Imaginez le contexte de l'époque. En 1933, un quart de la population active est au chômage (24,9%), deux millions d'Américains sont sans abri et l'indice Dow Jones s'échange à environ un cinquième de sa valeur d'il y a quatre ans. Et voilà que la seule chose tangible qui permet aux particuliers de préserver leur pouvoir d'achat leur est confisquée. Interdite. Hors-la-loi. Pas touche ! Le gouvernement devient le seul propriétaire (légal) de l'or en circulation