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Comment flinguer un pays

Flinguer un pays pour le rendre dépendant du FMI (et donc des USA)
 
En abaissant sa note, l'agence Fitch accroît la pression sur l'Espagne
LE MONDE | 29.05.10 | 14h04


almené depuis de longues semaines, l'euro n'avait pas vraiment besoin de cela. Il a perdu subitement 80 centimes face au billet vert vendredi 28 mai, à 1,2274 dollar, à la suite de la dégradation de la note de l'Espagne - passée de "AAA", la meilleure possible, à "AA +" - par l'agence Fitch. Un mois jour pour jour après une autre dégradation du pays par l'agence Standard & Poor's.

 

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Fitch justifie notamment sa décision par l'ampleur de la dette privée dans le pays. Si la dette publique espagnole évolue encore aux alentours de 55 % du produit intérieur brut (PIB) - à des années-lumière de nombreux pays européens -, les particuliers et les entreprises ont fortement emprunté lors du boom immobilier.

LE POIDS DE LA DETTE PRIVÉE

Au point que l'endettement des ménages espagnols est passé de 70 % du revenu en 1999 à 140 % début 2008, à l'époque où la moitié du ciment utilisé en Europe l'était en Espagne.

Or, le poids de cette dette privée risque fortement d'entraver l'activité. Le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a ainsi dû se résoudre à revoir à la baisse, vendredi, ses perspectives de croissance pour 2012 et 2013 : elles ont été ramenées respectivement à 2,5 % et 2,7 %, contre 2,9 % et 3,1 % précédemment. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit, lui, que la croissance se situera entre 1,5 % et 2 % du PIB au cours des prochaines années.

En abaissant la note de l'Espagne - qui risque de devoir payer davantage quand l'Etat empruntera sur les marchés -, Fitch accroît la pression sur M. Zapatero.

Pressé par les marchés et l'Union européenne, le chef du gouvernement a déjà dû se résoudre à annoncer un plan d'austérité de 15 milliards d'euros. Mais lors de sa discussion, jeudi, au Congrès des députés, il s'en est fallu d'une voix pour que le texte ne soit pas adopté. M. Zapatero, déjà engagé dans la délicate recomposition du secteur bancaire espagnol, pourrait devoir désormais imposer sa propre réforme du marché du travail afin de le rendre plus flexible si les négociations engagées depuis plusieurs mois par les partenaires sociaux achoppaient. Et combler ainsi l'écart de compétitivité avec l'Allemagne, qui s'est creusé de trente points en dix ans.

almené depuis de longues semaines, l'euro n'avait pas vraiment besoin de cela. Il a perdu subitement 80 centimes face au billet vert vendredi 28 mai, à 1,2274 dollar, à la suite de la dégradation de la note de l'Espagne - passée de "AAA", la meilleure possible, à "AA +" - par l'agence Fitch. Un mois jour pour jour après une autre dégradation du pays par l'agence Standard & Poor's.

 

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Fitch justifie notamment sa décision par l'ampleur de la dette privée dans le pays. Si la dette publique espagnole évolue encore aux alentours de 55 % du produit intérieur brut (PIB) - à des années-lumière de nombreux pays européens -, les particuliers et les entreprises ont fortement emprunté lors du boom immobilier.

LE POIDS DE LA DETTE PRIVÉE

Au point que l'endettement des ménages espagnols est passé de 70 % du revenu en 1999 à 140 % début 2008, à l'époque où la moitié du ciment utilisé en Europe l'était en Espagne.

Or, le poids de cette dette privée risque fortement d'entraver l'activité. Le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a ainsi dû se résoudre à revoir à la baisse, vendredi, ses perspectives de croissance pour 2012 et 2013 : elles ont été ramenées respectivement à 2,5 % et 2,7 %, contre 2,9 % et 3,1 % précédemment. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit, lui, que la croissance se situera entre 1,5 % et 2 % du PIB au cours des prochaines années.

En abaissant la note de l'Espagne - qui risque de devoir payer davantage quand l'Etat empruntera sur les marchés -, Fitch accroît la pression sur M. Zapatero.

Pressé par les marchés et l'Union européenne, le chef du gouvernement a déjà dû se résoudre à annoncer un plan d'austérité de 15 milliards d'euros. Mais lors de sa discussion, jeudi, au Congrès des députés, il s'en est fallu d'une voix pour que le texte ne soit pas adopté. M. Zapatero, déjà engagé dans la délicate recomposition du secteur bancaire espagnol, pourrait devoir désormais imposer sa propre réforme du marché du travail afin de le rendre plus flexible si les négociations engagées depuis plusieurs mois par les partenaires sociaux achoppaient. Et combler ainsi l'écart de compétitivité avec l'Allemagne, qui s'est creusé de trente points en dix ans.

 

Clément Lacombe
Article paru dans l'édition du 30.05.10

Un rôle de gendarme du monde qui continue aujourd’hui en Grèce <o:p></o:p>

Le FMI a bien réussi dans son rôle consistant à obliger les pays en voie de développement à s’ouvrir à la mondialisation libérale. Il utilise pour cela le levier de la dette que ces pays ont contracté auprès des banques.<o:p></o:p>

Cette dette, bien souvent le fait initial de dictateurs (Chili, Brésil, Argentine, Philippines, Zaïre…) avait notamment étranglé ces pays lorsque le président des Etats-Unis Donald Reagan décida d’une augmentation brutale des taux d’intérêt en 1979. Pour faire face au paiement des intérêts colossaux de leur dette, les pays en voie de développement ont été obligés de solliciter des prêts auprès de <st1:personname productid="la Banque Mondiale" st="on">la Banque Mondiale</st1:personname> et du FMI. Ces prêts étaient chaque fois conditionnés à la mise en œuvre de « plans d’ajustement structurels » qui ont conduit à la misère des pans entiers de la population de ces pays et livré les banques locales, les entreprises publiques et privées, les forêts tropicales aux appétits des multinationales.<o:p></o:p>

Mais si le FMI a bien tenu son rôle de gendarme du monde, il a par contre totalement échoué dans l’évitement de toute crise financière.<o:p></o:p>

En 1997, les seuls pays émergents qui avaient échappé à la crise financière du Sud-est asiatique étaient ceux qui avaient refusé les remèdes préconisés par le FMI.<o:p></o:p>

En janvier 1998, à Davos, Jeffrey Sachs, professeur d’économie à Harvard avait dressé le tableau de la crise financière du Sud-est asiatique en 1997. Il avait démontré, preuves à l’appui, que la monnaie de chacun des pays touchés (Thaïlande, Philippines, Corée du Sud, Indonésie…) s’était écroulée non pas avant, mais après l’intervention du FMI. Les seuls pays émergents qui avaient échappé à la crise financière du Sud-est asiatique étaient ceux qui avaient refusé les remèdes préconisés par le FMI : la Chine et la Malaisie.<o:p></o:p>

Deux ans plus tard, l’autre « meilleur élève » du FMI, l’Argentine connaissait une crise financière sans précédent.<o:p></o:p>

En 2008, le FMI sous la houlette de DSK n’a pas vu venir le krach qui a frappé les places financières mondiales et les pouvoirs publics ont renfloué à coup de centaines de milliards d’euros les banques et systèmes financiers en pleine débandade. Rares sont ceux qui ont vu dans la crise des crédits hypothécaires subprimes aux États-Unis le talon d’Achille d’un système financier étroitement dépendant de produits financiers de plus en plus complexes. <o:p></o:p>

Aujourd’hui, le plan de rigueur draconien concocté pour la Grèce met à genoux le peuple grec, préférant sauver le système qui risque de faire couler l’Europe plutôt que de le repenser en intégrant le peuple grec. Le plan du FMI et celui de l’Union Européenne favorisent la libéralisation du marché, la baisse des dépenses du secteur public, la baisse du pouvoir d’achat des millions de travailleurs.<o:p></o:p>

Salaires gelés jusqu’en 2014. Primes du 13e et 14e mois (Noël et Pâques) supprimées pour les salaires supérieurs à 3.000 euros par mois et plafonnées à 1.000 euros pour les salaires inférieurs à 3.000 euros par mois, alors que ces primes avaient déjà été réduites de 30% dans le cadre des précédentes mesures annoncées en mars. Baisse des investissements publics de 1,5 milliard. Taux de TVA, passé en mars de 19 à 21, relevé à 23%. Révision de la législation interdisant aux sociétés de licencier plus de 2% de leurs effectifs totaux par mois. Mise en place d’un nouveau salaire minimum applicable aux jeunes et aux chômeurs de longue durée. Réduction du nombre de départs anticipés à la retraite, avec comme objectif d’interdire ces départs avant 60 ans. Libéralisation des marchés des transports et de l’énergie Cette liste n’étant évidemment pas exhaustive.<o:p></o:p>

<o:p></o:p>L’ambiguïté du rôle de DSK à la tête du FMI altère sa crédibilité<o:p> politique d’homme de gauche
</o:p>

Les pays émergents ont tiré depuis un certain temps les leçons des politiques mises en œuvre par le FMI et font tout pour ne plus se retrouver à nouveau entre ses griffes. Ils profitent pour cela de la conjoncture économique. Les prix élevés des matières premières et de certains produits agricoles depuis 2004 leur ont ainsi permis de constituer d’importantes réserves de change : 3 000 milliards de dollars en 2007, le double de celles des pays industrialisés.<o:p></o:p>

Comme le constate Eric Toussaint du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde : « Les signes de distance par rapport à la banque mondiale et au FMI se multiplient : l’Equateur a expulsé le représentant permanent de la banque mondiale à Quito fin avril 2007 et le Venezuela s’est retiré de <st1:personname productid="la Banque Mondiale" st="on">la Banque Mondiale</st1:personname> et du FMI… »<o:p></o:p>

Plusieurs gouvernements ont ainsi choisi de rembourser, de manière anticipée, leurs dettes envers le FMI. Neuf pays d’Amérique latine ont même décidé de créer une « Banque du Sud » pour financer leur intégration régionale et leurs projets sociaux.<o:p></o:p>

Cette méfiance de l’Amérique Latine et le dernier plan d’aide à la Grèce sont révélateurs d’un système malade.

par Albert (son site) samedi 29 mai 2010

VOIR AUSSI : Les quatre mousquetaires de DSK

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