Information alternative
<btn_noimpr> </btn_noimpr> <btn_p>
En vieux renard de la politique, Charles Pasqua occupe le terrain médiatique depuis sa condamnation, lundi, à un an de prison ferme dans l'affaire de l'Angolagate. <btn_noimpr> </btn_noimpr>
Avant un éventuel procès en appel, il a décidé de privilégier une cible : Jacques Chirac, alors que ce dernier vient d'être renvoyé en correctionnelle dans le dossier des emplois fictifs de la Ville de Paris.
Ce samedi, c'est dans le Journal du Dimanche qu'il s'en prend à nouveau à son ancien mentor, bien qu'il juge «triste mais aussi un peu indigne» son renvoi en correctionnelle. A propos de l'Angolagate en revanche, il réclame toujours la levée du secret défense dans cette affaire de trafic d'armes remontant aux années 1990.
«Je suis un animal de combat. On m'a cherché, on va me trouver», affirme-t-il au JDD. Charles Pasqua a été condamné pour trafic d'influence à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et une amende de 100 000 euros. Il affirme, ni plus ni moins, que Jacques Chirac, alors président de la République, aurait «débloqué 900 000 francs» pour la libération des deux pilotes français détenus en Bosnie et libérés fin 1995. Pasqua assure que cet argent lui a été remis par Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée.
«J'estime que dans cette affaire la justice n'a pas bien fait son travail. C'est grâce à Arcadi Gaydamak (ndlr : lui aussi condamné), qui est un ancien du KGB, que nous avons pu faire libérer nos deux pilotes détenus par les Serbes. Le président de la République Jacques Chirac et ses collaborateurs le savent bien. Je le démontrerai en appel.» Homme d'affaires franco-israélo-canado-angolais d'origine russe, Arcadi Gaydamak, proche des services de renseignement russes et de certains oligarques russes, avait servi d'intermédiaire dans l'affaire des ventes d'armes vers l'Angola.
«Concernant Villepin, cela ne sera jamais qu'un mensonge de plus»
«Quand je vois qu'Alain Juppé, Edouard Balladur, ou même Villepin ne se souviennent de rien, cela n'est pas sérieux !», insiste Pasqua. «Concernant Villepin, cela ne sera jamais qu'un mensonge de plus. Je demande donc la levée du secret-défense sur cet épisode. J'avais même remis personnellement un rapport à Jacques Chirac, écrit de la main de Jean-Charles Marchiani. Chirac sait bien que la médaille du mérite accordée à Arcadi Gaydamak était légitime. En tout cas, le président était parfaitement au courant», assure le sénateur des Hauts-de-Seine.
Au JDD, il répète que «ses ennuis (judiciaires) ont commencé en 2000», quand il a dit être «candidat à la présidentielle de 2002». «Il est évident (...) que si j'avais été candidat, Jacques Chirac n'aurait jamais été élu. Il aurait été battu par Lionel Jospin. Tout a été fait pour m'éliminer. Un juge s'en est chargé», accuse-t-il.